Motocyclisme: Le Mans, 50 après...
Publié

MotocyclismeLe Mans, 50 après...

Le 18 mai 1969, le circuit Bugatti, au Mans, recevait pour la première fois un GP du championnat du monde motocycliste. Un anniversaire célébré ce week-end dans la Sarthe.

par
Jean-Claude Schertenleib

Le Néerlandais Aalt Toersen (Kreidler) en 50 cm3, le Français Jean Auréal (Yamaha) en 125, l’Espagnol Santiago Herrero (Ossa) en 250, le roi Agostini (MV-Agusta) en 500... avec un tour d’avance sur son premier poursuivant (!) et les side-caristes allemands Fath/Kalauch (URS) sont les vainqueurs de cette grande première.

Les quatre motos et le side révolutionnaire de Fath sont présents dans l’enceinte du circuit Bugatti ce week-end, le promoteur du GP de France, Claude Michy, ayant voulu marquer l’événement. Mais en 1969, c’était comment un GP au Mans? Voilà le «chapeau» du reportage publié à l‘époque dans le mensuel «Champion», disparu depuis longtemps:

«Lorsque j’ai appris que le GP de France se déroulait cette année sur le circuit Bugatti, j’ai craint que les pilotes, comme ceux de Formule 1, trouvent ce tracé inadapté et trop court. En fait, ils ne l’ont pas trouvé sensationnel, mais ne se sont pas plaints. Par contre, ils n’ont pas du tout apprécié la séance de pesage qui les a fait poireauter toute une matinée sous la pluie. Autres mécontents, les spectateurs, composés en majorité de motocyclistes qui sont souvent venus de très loin pour ne rien voir de la course. Tous les emplacements réservés au public étaient mal disposés et ceci pour des prix exorbitants. Derniers protestataires, la plupart de mes confrères et moi-même, qui n’avons pas eu les possibilités de travailler librement à cause d’un service d’ordre absolument draconien. Je pense aussi à certains commissaires de piste et plus particulièrement à ceux du virage de la Chapelle, qui feraient mieux de garder leurs vaches qu’un poste de contrôle. Messieurs les organisateurs, la faute vous en revient. Un mot encore pour les chronométreurs, qui n’ont pas daigné reconnaître leurs erreurs et ont obligé Findlay à partir en 4e ligne, alors qu’il devait se trouver normalement sur la seconde... Passons.»

Voilà, voilà, les temps ont bien changé, heureusement!

----------

LE RETOUR DE «JMB»

Le Seelandais Adi Bosshard et le Genevois Serge David avaient écrit l’Histoire avant lui, en devenant les premiers pilotes au monde à marquer de points en GP de vitesse, après en avoir marqué en motocross. Le Français Jean-Michel Bayle (à g.), «JMB», a suivi leur exemple, en participant à son premier GP 250 cm3 en 1992 (Magny-Cours) après être parti affronter – et battre - les Américains chez eux, fort de ses deux titres mondiaux. Pilote aux talents multiples, toujours prêt à se remettre en question, Bayle a brillé en GP, d’abord en 250, puis en 500. Le voilà depuis quelques jours de retour dans le paddock, comme coach personnel d’un Johann Zarco qui traverse une passe difficile: «Jean-Michel doit essentiellement m’apporter un peu de paix dans ma tête», explique le Français.

----------

QUARTARARO ET LES GIRLS DU MOULIN-ROUGE

Les deux pilotes français, Johann Zarco et la sensation de Jerez de la Frontera, Fabio Quartararo, étaient les invités du «Moulin-Rouge» parisien, mardi dernier. «Le spectacle était magnifique, le champagne excellent», sourit Johann. Quant au très jeune Fabio Quartararo, il a encore les yeux qui brillent, mais il garde les pieds sur terre. Quand on lui a demandé s’il savait que plusieurs girls du fameux musical-hall avaient promis de venir au Mans, dans un T-shirt à ses couleurs, Fabio n’a pas hésité: «Malheureusement, je ne pourrai pas m’occuper d’elles, je dois rester concentré. Mais une fois que la course sera terminée...»

----------

TOM, LE MANS, 14 ANS PLUS TARD

Il y a quatorze ans, il signait dans la Sarthe la première pole position de sa carrière, avant de s’offrir, le dimanche, sa première victoire. Vainqueur quatre fois dans la Sarthe, Tom sait qu’on l’attend au contour. Et, comme chaque année, il rigole quand on le taquine sur le sujet et répète les mêmes mots: «J’ai gagné quatre fois ici et je continue de dire que ce n’est pas mon circuit préféré; ce que j’adore, ce sont les tracés rapides, le Mugello, Sepang, Brno.» Au surlendemain du GP d’Espagne, Tom et tout le team Intact GP-Dynavolt a travaillé sur le circuit d’Aragon, «où nous avons trouvé des petites choses qui devraient nous aider dès ce week-end», souligne Lüthi. Dominique Aegerter, lui, est resté à Jerez pour des tests et, dimanche dernier, il était à Imola. Pour voir gagner Randy Krummenacher en Supersport et... pour prendre des contacts en vue du futur? «Peut-être», sourit Domi.

Votre opinion