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DelphinariumLe marché du dauphin passe par la Suisse

L'Association mondiale des aquariums basée dans le canton de Vaud est accusée de compter parmi ses membres des responsables du massacre des cétacés au Japon.

par
Victor Fingal
Scène de pêche au dauphin sanglante à Taiji, au Japon.

Scène de pêche au dauphin sanglante à Taiji, au Japon.

Reuters

La World Association of Zoos and Aquariums (WAZA), basée à Gland (VD), participe au marché de divers animaux destinés à la captivité, cétacés compris. Ironie du sort, l'association de dimension mondiale a donc son siège dans un pays qui interdit l'importation de dauphins depuis l'entrée en vigueur d'une décision du Parlement qui date de la mi-2012. Cette modification de la loi fait suite à une série de décès de dauphins à l'origine de la cessation des activités du dernier delphinarium de Suisse, le Conny-Land à Lipperswil (TG).

Tollé mondial

Ce n'est pas tout. De nombreuses associations de défense des animaux, comme la Société suisse d'étude et de protection des cétacés, Pro Wildlife en Allemagne, Whale and Dolphin Conservation Society en Grande-Bretagne et des dizaines d'autres réunies dans un collectif, reprochent à la WAZA ses connivences avec la Japanese Association of Zoos and Aquariums (JAZA). Selon elles, la JAZA, membre de la WAZA, comprendrait dans ses rangs des responsables de massacres de dauphins comme celui de la baie de Taiji, et qui récupéreraient quelques bêtes en bonne santé pour les revendre ensuite à des delphinariums et à des aquariums.

Interrogé par Le Matin, Gérald Dick, le directeur général de la WAZA, s'est efforcé de répondre à ces accusations. D'un côté, il condamne la méthode de pêche dite de Taiji, consistant à rabattre les dauphins dans des filets avant de les conduire dans une baie côtière pour les tuer. Il regrette aussi que la WAZA et d'autres ONG n'aient toujours pas réussi à faire cesser le massacre. De l'autre, il reconnaît que «des membres de la JAZA sont autorisés à prélever des dauphins vivants pour leurs aquariums».

Appel à une manif le 28 mars

Quant à la demande, formulée par les ONG, de chasser l'association japonaise de son organisation, il n'y songe pas: «L'impact de la WAZA en tant qu'association, poursuit le directeur général, vient de notre capacité d'organiser et de stimuler nos membres à faire avancer collectivement le bien-être des animaux et leur conservation.»

Gérald Dick insiste aussi sur les divers projets mis en place par la WAZA pour améliorer le sort des bêtes. Pas certain que ce soit suffisant pour calmer les activistes de multiples ONG en colère. Un appel à manifester devant le siège de la WAZA le 28 mars circule déjà sur les réseaux sociaux.

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