29.10.2018 à 18:37

SuisseLe marché du travail absorbe bien les arrivants

Les travailleurs étrangers s'insèrent vite et bien sur le marché suisse du travail, indique une étude commandée par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Photo d'illustration.

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Keystone

Les chercheurs des Université de Zurich et Saint-Gall ont cherché à connaître le taux de succès des immigrants arrivés sur le marché du travail suisse entre 2003 et 2013 par rapport aux personnes nées dans la Confédération. L'étude s'est concentrée sur l'immigration en dehors du domaine de l'asile.

De façon assez surprenante, les chercheurs Sandro Favre, Reto Föllmi et Josef Zweimüller ont constaté que si les nouveaux arrivants n'égalent pas tout à fait la participation en moyenne très élevée des Suisses sur le marché du travail, leurs revenus surpassent légèrement ceux d'actifs comparables nés en Suisse après cinq ans.

Débuts plus faciles pour les hommes

Les hommes immigrés s'insèrent particulièrement vite sur le marché du travail: si l'année de leur arrivée, leur taux d'emploi est encore inférieur de 16% à celui des hommes nés en Suisse, il n'accuse plus que 3% de retard trois ans plus tard.

Les hommes immigrés en emploi rattrapent complètement en une année la différence initiale de revenu. Cinq ans après leur arrivée, ils ont même un revenu mensuel d'environ 2% supérieur à celui des hommes nés en Suisse de niveau comparable.

De plus grandes différences ont en revanche été constatées du côté des femmes: l'année de leur arrivée, leur taux d'emploi stagne à 27% au-dessous de celui de femmes de profil comparable nées en Suisse. La différence atteint encore 12% cinq ans plus tard.

Les immigrantes exerçant une activité lucrative bénéficient toutefois de salaires plus élevés que les femmes autochtones. En raison d'un taux d'occupation moyen supérieur, elles gagnent autant la première année déjà. Cinq ans plus tard, leur revenu mensuel moyen dépasse de 21% celui des femmes nées en Suisse.

Grandes disparités salariales

Les chercheurs ont aussi noté un plus grand étalement des revenus chez les immigrants des deux sexes que chez les travailleurs nés en Suisse. Les immigrants étaient surreprésentés aux deux extrémités de l'échelle des revenus.

De notables disparités sont également visibles selon le pays d'origine. Les personnes provenant de l'Union européenne ou de pays de l'Association européenne de libre-échange (AELE) sont très bien insérées sur le marché, alors que celles d'Etats tiers s'en sortent nettement moins bien tant en terme de recherche d'emploi que de salaire.

Séjours plutôt brefs

Pour de nombreux immigrés, le séjour en Suisse est purement transitoire. Environ la moitié d'entre eux quittent le pays dans les cinq ans suivant leur arrivée.

Les bas revenus sont surreprésentés parmi ceux qui repartent au cours la première année déjà. Les années suivantes, ce sont plutôt les très hauts revenus qui s'en vont. Ce qui explique que le revenu moyen des immigrés qui repartent soit supérieur à celui de ceux qui restent. Mais ceux qui n'ont pas trouvé d'emploi en Suisse sont également nombreux à quitter le territoire.

(ats)

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