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MarocLe Maroc nie s'est engagé à ne pas arrêter un ex-détenu de Guantanamo

Le Maroc a nié jeudi s'être engagé auprès des Etats-Unis à ne pas arrêter un de ses ressortissants libéré de Guantanamo qui est détenu dans le royaume depuis son rapatriement en septembre.

Les défenseurs de Younis Chekkouri estiment que le Maroc n'a pas respecté ses engagements vis-à-vis des Etats-Unis en l'arrêtant, mais le ministre marocain de la Justice Mustafa Ramid a démenti jeudi un tel arrangement avec Washington.

"Nous avons bien négocié avec Washington pour rapatrier Chekkouri au Maroc, mais nous n'avons jamais donné l'assurance qu'il serait libéré" une fois rapatrié, a-t-il déclaré en marge d'une rencontre avec la ministre américaine de la Justice Loretta Lynch.

Cette dernière n'a fait aucun commentaire sur le sujet.

"Soit les responsables du département d'Etat américain nous ont trompés moi et mon client sur les intentions du Maroc lorsqu'il se trouvait à Guantanamo, soit les responsables marocains ont fait des promesses diplomatiques et les ont aussitôt trahies", a déclaré Cori Crider, une avocate de Younis Chekkouri.

"Mais quelqu'un ne dit pas la vérité", a jouté Mme Cori, également directrice de l'organisation de défense des droits de l'Homme Reprieve.

Younis Chekkouri, 47 ans, avait été rapatrié dans son pays le 16 septembre après avoir été détenu 13 ans et quatre mois dans la prison américaine de Guantanamo.

Il avait été immédiatement arrêté pour son implication présumée dans des actes terroristes. Il doit comparaître en justice le 3 décembre, selon un autre de ses avocats, Khalil al-Idrissi.

Ses défenseurs contestent son arrestation en estimant qu'il a été blanchi par la justice américaine et qu'il doit être libéré.

Le Marocain avait été capturé par les Pakistanais en décembre 2001 alors qu'il fuyait Tora Bora, la place forte des talibans et d'Al-Qaïda en Afghanistan, selon le "dossier Guantanamo" mis en ligne par le New York Times.

Comme ses voisins, le Maroc craint des attentats des jihadistes revenus au pays après un séjour en Syrie ou en Irak où ils combattent dans les rangs d'organisations jihadistes.

Des dizaines de peines de prison ferme ont été prononcées ces derniers mois dans le cadre d'affaires de terrorisme.

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(AFP)

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