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High-tech«Le Matin» a testé l’iPad mini

Apple a rétréci sa tablette phare, et lui a donné un poids plume. Pour la rendre beaucoup plus nomade.

par
Marie-Antoinette Crivelli
L'iPad mini permet de surfer comme sur un «grand», mais en étant deux fois plus léger.

L'iPad mini permet de surfer comme sur un «grand», mais en étant deux fois plus léger.

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Un iPad mini? D’emblée, disons-le, nous n’étions pas convaincu par ce format de presque 8 pouces, à mi-chemin entre smartphone et tablette. Et puis, en prenant l’iPad mini en main, force est de constater que l'objet est de belle facture. Ce n’est pas une coque en plastique cheap, mais de l’aluminium anodisé finement travaillé: un vrai iPad quoi, de taille réduite. Mais quelle est son utilité?

Une tablette sert d'abord à surfer sur le Web, consulter ses messageries, intervenir sur les réseaux sociaux. Voyons ce que ça donne. On passe un moment sur la mini-ardoise et on oublie déjà son rétrécissement, parce que l’on n’a pas l’impression que la page est tronquée, ou qu'on perd quoi que ce soit par rapport à une "grande". Nous avions déjà testé plusieurs tablettes 7 pouces sous Android, en format 16:9. Eh bien, lorsqu’on les tient horizontalement, sur une page Web, on ne voit qu’une bande étroite, on perd la vue d’ensemble. Et lorsque la tablette est tenue verticalement, le texte en colonne est trop petit pour une lecture agréable. L’iPad mini, avec son format 4:3, ne connaît pas ces inconvénients. La page s’affiche exactement comme sur ses grands frères. Juste en plus petit. En revanche, ce qui impressionne, c’est sa légèreté: quelque 300 g.

Poids plume qui fait la différence

Cela devient intéressant lorsqu’on utilise la tablette pour écrire. Au début, on tâtonne un peu, parce qu’on s’est habitué à taper avec un index sur un smartphone, et avec deux index sur une tablette posée sur les genoux. L’iPad mini, lui, tient dans une main, même menue. On peut donc utiliser l’autre index pour écrire. Mais on peut aussi saisir la minitablette à deux mains, en largeur (ou en hauteur), et les pouces n’ont pas à faire le grand écart pour atteindre les lettres du centre, grâce au clavier dissocié. Et la légèreté prend là vraiment toute son importance, car les poignets ne se fatiguent pas. Pour ceux qui écrivent en déplacement, c’est un format plaisant, parce que plus confortable que le smartphone, et avec l’avantage de ne pas surcharger le sac.

Ecran sans superlatif

Venons-en à la qualité de l’écran. Apple a mis la barre très haut avec son concept de «Retina», qui concentre tant de pixels que l’œil n’en distingue pas davantage à la distance où on l’utilise. Et on s'habitue vite à cette haute précision. L'écran du mini a autant de pixels qu'un iPad 2 (eh oui), mais sur une surface réduite. Il affiche ainsi 163 pixels par pouce (ppi) contre 132 pour l'iPad 2; 216 pour le Nexus 7 de Google; et 264 pour l’iPad de 4e génération. Alors, clairement, la résolution de l’écran ne va pas provoquer de whouaaah. Mais il n'a pas à rougir non plus.

Livres et journaux sont agréables à lire. Jouer est un véritable plaisir, de nouveau parce que cette tablette légère est d’une grande maniabilité. On a aussi apprécié la facilité à retravailler les images avec l’application iPhoto.

A propos de photos, capturer des images fixes ou vidéos n’est pas la fonction première d’une tablette, mais ça permet d’immortaliser un instant unique. L'iPad mini embarque tout de même un capteur au dos de 5 mégapixels (vidéo HD 1080p), et permet, de face, de passer des appels vidéo par Skype ou FaceTime en HD 720p.

L’écran offre un angle de vision très large pour les autres personnes qui partageraient le canapé, et il se nettoie d’un revers de manche. Le son est correct, d’autant que les haut-parleurs stéréo sont placés en bas, de part et d’autre du nouveau connecteur lightning. Avec des oreillettes (non fournies), on retrouve la qualité d’un iPod.

Batterie impressionnante

Outre la légèreté, la plus grande qualité de l’iPad mini est son endurance. Avec un usage «normal», la batterie tient plusieurs jours sans recharge. Nos confrères d’Engadget, qui se sont livrés à des tests poussés, ont relevé qu’elle tenait près de 13 h pour une vidéo en boucle avec Wi-Fi branché. C’est largement plus que toutes les tablettes existantes, toutes marques confondues.

Choix de l’écosystème

Soyons clair, aujourd’hui, lorsqu’on choisit une tablette (ou un smartphone), c’est aussi un écosystème pour lequel on opte. D'un côté: l’iOS d’Apple, avec iTunes, iCloud pour disposer de ses contenus dans le nuage, un App Store fort de 700 000 applications dont un bon tiers conçu pour les tablettes. De l'autre: Android ¬- qui est devenu tout autant, si ce n’est davantage, clanique et émotionnel – opérant sur un grand choix de modèles et de marques, souvent à prix cassés, autant d’applications dans Google Play, et un système ouvert, qui comporte toutefois son lot de failles de sécurité. Quant à Windows 8, il doit encore faire ses preuves.

Un format destiné à qui?

Ceux qui ont déjà un iPad ne trouveront pas un grand intérêt dans la version mini. En revanche, ceux qui n’ont pas de tablette, qui passent du temps en déplacement, qui trouvent le smartphone un peu petit pour surfer, ou qui aimeraient enfin accéder au Web simplement sans dépenser trop, ceux-là vont assurément l’apprécier.

On aime

Son poids plume La belle facture de l’objet La batterie très performante

On aime moins

L'écran non Retina Toujours pas la possibilité de créer plusieurs comptes Pas de LED flash

Fiche technique

Taille : 20 x 13,4 x 0,7 cm Poids : 308 g Ecran : 7,9 pouces, 1024 x 768 pixels, 163 ppi Caméras : Au dos, photo à 5 mpix et vidéo HD 1080p; de face, 1,2 mpix et HD 720p. Modèles : En noir ou blanc, Wi-Fi seul (en magasin) ou Wi-Fi + 3G/LTE (d’ici quelques semaines); mémoire de 16, 32 ou 64 Go Prix : dès 379 fr.

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