Actualisé 21.02.2020 à 17:34

Le médecin genevois recalé à la commission de la santé

Berne

Le conseiller national Michel Matter (GE/VL) n'a pas pu rejoindre la commission de la santé à Berne comme il le souhaitait. Les Verts libéraux ont trouvé qu'il était trop lié à la médecine.

par
lematin.ch
Ruth Humbel (PDC/AR), présidente de la Commission de la santé, détient un nombre record de mandats dans la santé au Parlement fédéral. Michel Matter représente les médecins et les patients. Les instances de son parti aont estimé qu'il était mieux à la Commission des finances.

Ruth Humbel (PDC/AR), présidente de la Commission de la santé, détient un nombre record de mandats dans la santé au Parlement fédéral. Michel Matter représente les médecins et les patients. Les instances de son parti aont estimé qu'il était mieux à la Commission des finances.

Keystone

Le conseiller national et médecin Michel Matter (GE/VL) n'a pas pu siéger à la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique (CSSS-N) à Berne. Motif: cela aurait créé une sorte de conflit d'intérêt entre sa profession, ses fonctions à la FMH et son mandat parlementaire. C'est du moins la raison qui a été avancée: «C'est un choix des instances du groupe vert libéral, précise le Genevois, qui devaient choisir entre plusieurs candidatures».

«Je suis déçu, pas seulement pour moi»

Les Verts libéraux ont droit à deux représentants dans cette commission. Ils y sont dès lors représentés par un informaticien, Jörg Mäder (ZH/VL), et une directrice de projets, Melanie Mettler (BE/VL). Le médecin, lui, s'est retrouvé la Commission des finances et sa déception est grande: «Mon idée était clairement d'aller à la santé et je suis déçu, pas seulement pour moi, mais pour les gens et l'électorat que je représente. J'ai toujours défendu une approche pro-patient. Je suis conscient qu'il faut un équilibre dans les commissions, mais les compétences professionnelles devraient passer avant le service de milice.»

«Espoirs brisés»

Dans la «Revue médicale suisse», le Dr. Philippe Eggimann a publié un billet titré: «Le Parlement brise les espoirs du corps médical», dans lequel il regrette que Michel Matter, président de l'Association des médecins du canton de Genève et vice-président de la FMH, se soit fait barrer la route: «Il y a bien longtemps qu'aucun médecin ne siège en tant que tel dans cette commission de la santé, où de nombreux acteurs sont pourtant très bien représentés.»

Les autres partis moins regardants

En effet, dans les autres partis, on est moins regardant. La présidente de la CSSS-N, Ruth Humbel (PDC/AR), est bien connue au Parlement, où elle siège depuis 2003. Elle compte sans doute le record de mandats dans le domaine de la santé, les assureurs, les cliniques privées, les pharmas ou la recherche sur le cancer.

Des intérêts multiples

D'autres membres des CSSS des deux Chambres ont aussi des liens directs avec le domaine de la santé. Isabelle Moret (PLR/VD) est présidente de la faîtière des Hôpitaux suisses H+. Lorenz Hess (BE/PBD) est président du conseil d'administration de Visana et membre du lobby de la pharma IG biomedizinische Forschung und Innovation. Aux Etats, Josef Dittli (PLR/UR) est membre de la direction de curafutra (assurance) et du même lobby des pharmas.

Il faut tout reconstruire

Michel Matter se retrouve donc à la commission des finances, la calculette à la main: «Je suis dans la sous-commission qui traite de la justice et des affaires militaires. Ce sont des domaines passionnants, mais il n'est pas évident de se consacrer à une matière dont on ne connaît pas l'historique. Il faut tout reconstruire alors que dans la santé j'étais fait pour ça. J'avoue que j'ai beaucoup d'interrogations par rapport à cette situation. Mais pour le reste, je vais me représenter à la vice-présidence romande de la FMH et continuer par ce biais à défendre mes positions dans la santé.»

Eric Felley

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!