Football - Le «mercato des talus» se met au numérique
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FootballLe «mercato des talus» se met au numérique

La quête d’un entraîneur, voire de joueurs, n’est pas toujours simple pour les clubs amateurs. Certains ont choisi de compléter la traditionnelle méthode du bouche-à-oreille par des annonces en ligne.

par
Emile Perrin
Certains clubs régionaux ont recours à des annonces en ligne pour étoffer leurs rangs. 

Certains clubs régionaux ont recours à des annonces en ligne pour étoffer leurs rangs.

VQH

Le bouche-à-oreille, le copinage, les réseaux traditionnels. Cela fonctionne toujours pour trouver le coach ou, plus rarement, les joueurs qu’un club recherche. Mais en cette période de mercato post-Covid, certains clubs amateurs ont recours aux «petites annonces» en ligne pour recruter ou se faire connaître. Si le site football.ch possède une section dédiée, certains dirigeants ont fait leur pub sur internet. Une méthode encore quelque peu atypique qui semble néanmoins porter ses fruits.

Le CS Chavannes-Epenex possède deux équipes d’adultes qui militent respectivement en 3e et 4e ligue. Pour étoffer le contingent de sa deuxième garniture, le club a lancé un appel via sa page Facebook. Également relayée par le site Footvaud.ch, la manœuvre a eu l’effet escompté.

«Je n’ai pas reçu 20 demandes, mais cinq-six personnes sont venues aux renseignements. Nous verrons ce que cela donne, confirme le président Roberto Rohrer, dont l’objectif ne consiste toutefois pas à monter de toutes pièces une équipe grâce aux moyens modernes. Nous avons vécu une saison compliquée. Notre deuxième équipe et son entraîneur avaient l’ambition de monter en troisième ligue. C’était peut-être une erreur de notre part. Car les choses ne se sont pas déroulées comme espéré et cette déception nous a fait perdre des joueurs. En outre, le Covid en a aussi découragé certains autres.»

«Je n’ai pas reçu 20 demandes, mais cinq-six personnes sont venues aux renseignements. Nous verrons ce que cela donne.»

Roberto Rohrer, président du CS Chavannes-Epenex

Comme souvent dans les «petites ligues» les allées et venues sont sujettes à des accointances extra-footballistiques. «Le bouche-à-oreille fonctionne toujours. Nous avons retrouvé un entraîneur par le biais ‘traditionnel’. Il a amené avec lui quelques nouveaux joueurs, dévoile Roberto Rohrer. Mais dans le sens des départs, l’effet de groupe existe également.» Comme tout président, le dirigeant du CS Chavannes-Epenex doit faire face à la «bougeotte» de plus en plus accentuée des joueurs. «C’est juste d’affirmer qu’ils sont plus ‘volatiles’ qu’à une certaine époque.»

Il est certes encore un peu tôt pour savoir si la recherche de joueurs du CS Chavannes-Epenex – appuyée par la distribution de flyers autour de ses installations bien fréquentées par des non-licenciés - aura porté ses fruits. Un questionnement qui est également accompagné par une «prise de risques» quant au sérieux de certains candidats. «J’ai aussi reçu des demandes plus ‘farfelues’ émanant de personnes qui cherchaient visiblement à obtenir un permis de travail via notre club. On ne peut pas exclure non plus le risque d’être contacté par un joueur susceptible de poser des problèmes», admet Roberto Rohrer.

Monter son activité

Du côté du Sentier, le FC Vallée de Joux a également usé des petites annonces pour trouver l’entraîneur de sa première équipe. Sans passer par sa page Facebook ou la plateforme du site de l’Association suisse. «Nous nous situons près de la frontière et n’avons pas problèmes pour attirer des joueurs frontaliers. En revanche, il est plus compliqué de faire venir des gens de la plaine. Ils sont persuadés que nous sommes loin, qu’il neige tout le temps et qu’il fait toujours froid, constate le responsable technique Basile Bianchi. C’est pourquoi le relais de Footvaud.ch nous paraissait une solution adaptée.»

«Rien n’est encore signé, mais la démarche fonctionne.»

Basile Bianchi, responsable technique du FC Vallée de Joux

Les retours semblent également positifs. «Cela nous permet de montrer à bon nombre de personnes que nous sommes actifs, relance le dirigeant, qui a peut-être trouvé son futur coach grâce à son annonce. «Elle a eu le succès escompté. Quatre entraîneurs potentiels se sont manifestés. Nous en avons rencontré certains. Certes, rien n’est encore signé, mais la démarche fonctionne.»

Les ambitions du FC Vallée de Joux ont également pesé dans le choix de la méthode. «Nous visons la promotion en troisième ligue la saison prochaine. Les personnes de la vallée sont actives et s’investissent dans le club, sinon nous n’existerions plus. Cet engagement régional n’est aucunement remis en cause. Mais on ne trouve pas nécessairement quelqu’un avec toutes les compétences requises pour le poste d’entraîneur tout près de chez nous», termine Basile Bianchi.

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