Sécurité: Le meurtre qui fait peur jusqu'en Suisse

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SécuritéLe meurtre qui fait peur jusqu'en Suisse

Après l'assassinat en Turquie de l'ambassadeur Andrey Karlov, l'inquiétude grandit dans les cercles russes. La police fédérale réagit par une série de mesures.

par
Sarah Zeines
Andrey Karlov a été froidement abattu à Ankara par un homme censé assurer sa sécurité.

Andrey Karlov a été froidement abattu à Ankara par un homme censé assurer sa sécurité.

Capture Youtube

Après le meurtre de leur ambassadeur lundi à Ankara, les diplomates russes se blindent. Et la communauté locale des expatriés ne fait pas exception. «Dans ce contexte, nous menons une analyse des risques de manière continue, en tenant compte de chaque événement significatif pouvant motiver une adaptation du dispositif sécuritaire», relève Cathy Maret, porte-parole de l'Office fédéral de la police (FedPol). «Nous sommes chargés de la sécurité des représentations diplomatiques en Suisse, en collaboration avec les polices cantonales.»

Vive émotion

En revanche, la mise en œuvre des moyens sécuritaires reste secrète: «Pour des raisons évidentes, nous ne communiquons pas sur les détails du dispositif», s'excuse Cathy Maret. Du côté de la Mission permanente de la Fédération de Russie auprès de l'ONU, l'émotion est vive. «Des dizaines de messages arrivent chez nous, à Genève, par la poste, par courrier électronique ou par téléphone», confie Irina Dedkova, attachée de presse de l'institution basée à Genève. «La partie russe attend des autorités turques la pleine coopération avec les représentants des services d'enquête russes. Ces derniers ont été dépêchés sur place pour examiner en profondeur toutes les circonstances de ce crime barbare. Et pour trouver et punir ses organisateurs.» Interrogée sur les moyens sécuritaires mis en place, en revanche, la diplomatie russe observe le même mutisme que la FedPol.

Rédactrice en chef du site russophone suisse NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky espère pour sa part que l'attaque n'aura pas de répercussions graves. «L'assassinat d'un ambassadeur peut être interprété comme une déclaration de guerre contre le pays qu'il représente, note-t-elle. Si la Russie cherchait un prétexte pour s'en prendre à la Turquie, elle en aurait trouvé un idéal. Mais de toute évidence, ce n'est pas le cas. Je trouve par ailleurs la réaction des autorités russes particulièrement mesurée.»

Un avis partagé par le coorganisateur des soirées Russian Fever à l'Hôtel Mandarin Oriental de Genève. «Personne n'est à l'abri dans le contexte mondial actuel, dominé par le terrorisme, tempère Misha Pikhanov. La neutralité suisse nous fait penser que nous sommes moins exposés au risque d'attaque. Mais toute la communauté est très touchée par ce drame.»

Andrey Karlov a été enterré hier. Vladimir Poutine lui a attribué le statut de héros à titre posthume.

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