Genève: Le meurtrier d'Onex écope de 20 ans de prison
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GenèveLe meurtrier d'Onex écope de 20 ans de prison

L'homme accusé d'avoir tué sa voisine puis brûlé son corps en 2015 a écopé d'une peine extrêmement lourde.

par
Léonard Boissonnas
Photo d'illustration

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Keystone

Le Tribunal criminel de Genève a rendu son jugement: il a reconnu coupable d'assassinat le Portugais de 53 ans, qui avait tué sa voisine âgée de 73 ans en 2015. Il a été condamné à une peine de 20 ans de prison et écope d'une mesure d'internement.

Les faits remontent au 5 février 2015, à Onex. Il était reproché au prévenu d'avoir attiré sa voisine chez lui, puis de l'avoir étranglée dans le but de lui voler 40'000 euros, une somme que la victime avait retiré le jour-même de son compte, le vidant quasi totalement. Après son forfait, l'accusé a transporté le corps dans une zone boisée située près de Nantua, dans l'Ain (F). Il est revenu une semaine après sur place pour brûler le corps de la défunte au moyen de diesel et de housses. Il a ensuite continué de faire croire que la malheureuse était toujours en vie, notamment en faisant des retraits avec ses cartes bancaires vêtu d'une veste à capuche appartenant à la victime. Arrêté, il a nié pendant près de deux ans avoir affaire avec la disparition de l'aînée. C'est finalement par l'entremise d'un agent infiltré que les restes calcinés de celle-ci ont pu être localisés, le 13 mars 2017.

A l'audience, l'accusé avait réfuté la thèse de l'assassinat, expliquant que le décès était accidentel. Selon sa version, il se serait disputé avec sa voisine, puis l'aurait poussée avec vigueur d'un geste de la main. La vieille dame aurait perdu l'équilibre et serait tombée de tout son poids sur un montant de lit. Le prévenu a évoqué devant le tribunal du sang qui s'écoulait depuis l'oreille et derrière la tête de la malheureuse, qui serait décédée sur place. Toutefois, un des juges a rappelé en audience qu'aucune marque traumatique n'avait été retrouvée sur le crâne à l'autopsie.

Les réquisitions du Parquet

Le Ministère public avait requis une peine de prison à perpétuité, ainsi qu'une mesure d'internement. Le procureur Endri Gega avait pointé la faute «spécialement lourde» de l'accusé et sa façon d'agir «particulièrement odieuse», le dépeignant comme un être obsédé par l'argent, au passé trouble. «C'est un prévenu pas comme les autres, doté d'une certaine intelligence qu'il a mise au profit du mal», a relevé le magistrat lors de son réquisitoire. Pour lui, aucune mesure thérapeutique n'est envisageable et les risques de récidive sont «très importants».

La défense du quinquagénaire avait plaidé l'homicide involontaire. Me Eric Beaumont avait rejeté le mobile financier avancé par le Ministère public. Pour lui, l'accusé n'a pas capté les 40'000 euros de la victime. Les 45'000 euros retrouvés cachés dans un tabouret chez son beau-frère au Portugal étaient les siens. De plus, les causes du décès de la septuagénaire n'ont pas pu être établies, avait encore souligné l'avocat. Et même si le prévenu l'avait étranglée, cela ne méritait pas la peine requise, qui s'applique notamment à des crimes particulièrement atroces, avait relevé Me Eric Beaumont.

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