Justice – Le meurtrier d’un serveur de kebab condamné à 25 ans de prison
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JusticeLe meurtrier d’un serveur de kebab condamné à 25 ans de prison

L’homme de 36 ans, multirécidiviste, a été condamné pour le meurtre en 2019 d’un serveur de kebab de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis.

Le parquet avait requis 30 ans de prison.

Le parquet avait requis 30 ans de prison.

AFP

Son sandwich mettait trop de temps à venir: la cour d’assises de Seine-Saint-Denis a condamné vendredi à 25 ans de réclusion criminelle un multirécidiviste de 36 ans pour le meurtre en 2019 d’un serveur de kebab. En début de soirée, la cour a reconnu El Hadji Bamba coupable du meurtre de Mohamed Fares Ben Yahiaten, un Tunisien arrivé en France un an et demi auparavant, en août 2019 dans un restaurant-snack de Noisy-le-Grand.

Elle a assorti sa peine de prison d’une période de sûreté des deux-tiers. Le meurtrier a également reçu une obligation de soins et une interdiction de port d’armes pendant une durée de quinze ans. Plus tôt dans la journée, le parquet avait requis 30 ans de prison au cours d’un réquisitoire que l’accusé a écouté la tête enfouie dans ses genoux.

«Vous devez rendre la justice dans cette affaire et votre rôle est de protéger la société (…) Il n’y a pas de place pour la clémence dans ce dossier», a déclaré l’avocate générale à la cour qui jugeait depuis mardi El Hadji Bamba. Le 16 août 2019, l’homme entre fortement alcoolisé dans le restaurant-snack Le Mistral et commande un sandwich. L’attente durant trop longtemps à son goût, il s’énerve contre des serveurs, devient menaçant.

Mohamed Fares Ben Yahiaten, un serveur chargé ce jour-là de préparer les pizzas, tente de le calmer et lui propose une pizza à la place d’un sandwich. El Hadji Bamba s’emporte, le menace avec son arme de poing achetée peu de temps auparavant pour 1000 euros sur Snapchat. «Fais-moi le sandwich ou je te tue», lance-t-il. Puis tire à trois reprises. Deux balles de 9 mm se logent dans le corps de la victime, dont une dans les poumons. L’employé décède sur place.

Le meurtrier comptait déjà 26 condamnations à son casier judiciaire: violences, conduite sans permis, vols, menaces de mort, détention de stupéfiants… Un pedigree tel qu’il a fallu dix minutes à la présidente du tribunal pour l’égrener à l’ouverture de l’audience.

«Quelqu’un qui a conscience de son problème de violence est quelqu’un qui peut être aidé. Quelqu’un qui nie ce problème, qui le reporte sur les autres, est un récidiviste», a tancé l’avocate générale dans son réquisitoire. Écroué depuis les faits, El Hadji Bamba avait précédemment effectué cinq séjours en prison, le premier alors qu’il était encore mineur.

«Petite frappe»

Crâne rasé, barbe noire fournie, l’accusé était connu localement pour son comportement violent. Les serveurs du restaurant avaient d’ailleurs reçu pour instruction de leur patron de «donner un sandwich gratuit de temps en temps» à El Hadji Bamba, pour «ne pas avoir de problèmes». «Il se prend pour un caïd alors qu’il est à peine la petite frappe du coin», a commenté à la barre le capitaine de police qui a procédé à son interpellation cinq jours après le drame.

«Il y avait énormément d’attente dans le cadre de ce procès, des attentes compréhensibles de la part de la famille qui avait besoin de comprendre», a réagi auprès de l’AFP son avocate Lucie Mongne, regrettant que son client n’ait pas su au cours des débats trouver les mots pour expliquer son geste impulsif et fatal. «Je pense que c’est ce qui a entraîné la lourdeur de ces réquisitions et de cette peine», a-t-elle estimé.

Âgé de 29 ans, le serveur tué, Mohamed Fares Ben Yahiaten, se destinait à une carrière de plongeur soudeur. Ses talents de nageur lui avaient permis de survivre à un naufrage, lors d’une première tentative de traversée de la Méditerranée sur une embarcation, avant de rejoindre l’Hexagone avec un visa touristique. La nouvelle de sa mort est parvenue à sa famille en Tunisie en pleine fête de mariage de sa petite sœur à Djerba, à plus de 2000 kilomètres de Noisy-le-Grand, mettant aussitôt fin aux festivités.

(AFP)

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