Drame: Le meurtrier était rentier et alcoolique

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DrameLe meurtrier était rentier et alcoolique

Le quadragénaire suisse qui a abattu une femme en pleine rue était le fils d'un artiste peintre, aujourd'hui décédé. Il dépensait beaucoup d'argent.

par
Valérie Duby
Le drame s'est produit mardi soir, à 0 h 20, à l'angle des rues Baudit et de l'Industrie, dans le quartier des Grottes (GE).

Le drame s'est produit mardi soir, à 0 h 20, à l'angle des rues Baudit et de l'Industrie, dans le quartier des Grottes (GE).

Christian Bonzon

Au lendemain du meurtre de Sarra, une femme domiciliée en France de 36 ans, abattue de trois balles à la rue Baudit, dans le quartier des Grottes (GE), le profil de son meurtrier – qu'elle connaissait, sans toutefois être sa compagne – commence à se dessiner.

M., Suisse de 40 ans, vivait dans un attique de la rue de la Servette. Il avait été scolarisé dans la très select École internationale de Genève. Il avait été réformé de l'armée suisse. Depuis la fin de son cursus scolaire, il n'a jamais véritablement travaillé, ayant eu la chance de grandir dans un milieu privilégié. L'appartement dans lequel il vivait avec sa mère, à côté de celui de sa tante, appartient à la famille.

Un père artiste peintre

Sa situation aisée, M. la devait à son père. Un artiste peintre figuratif, né en Belgique de père hongrois et de mère suisse, qui s'était installé dans les années 1960 à Genève. Où il avait rencontré la mère de M. Les œuvres du peintre se vendaient (et se vendent d'ailleurs toujours) très bien. On lui attribue plus de 2000 tableaux et autant de dessins et de croquis. À Genève, il a réalisé une fresque de 125 m2 pour la Municipalité.

Mort en 1999 des suites d'une attaque à 70 ans, il a légué à sa famille beaucoup d'argent. Ce qui explique en partie pourquoi le fils n'a jamais travaillé. Flambeur, il avait acheté un bateau de 25 mètres, avait habité un an en Australie (où son père a aussi vécu), où il avait passé un permis d'hélicoptère. À Genève, on le trouvait souvent dans les bars à champagne, en compagnie de jeunes et jolies hôtesses. Il était devenu alcoolique, commençant à boire dès le matin. On le décrit comme «pas très sain», persuadé qu'un gouvernement occulte composé de financiers juifs dirige le monde.

Des questions

«On se demande comment ce Monsieur a pu détenir des armes, dont celle qui a tué cette pauvre femme (ndlr: un Glock 19)», s'interroge un voisin. «Que faisait une personne comme ça avec un tel arsenal chez lui?» A priori, M. possédait effectivement plusieurs armes à domicile, mais essentiellement de type soft air.

Le ministère public a ouvert une enquête pour meurtre qui a été confiée à la Brigade criminelle. Les enquêteurs travaillent sur le mobile du crime, un différend d'ordre financier qui porterait sur la somme dérisoire de 20 francs. Hier, la famille du meurtrier s'attelait à lui trouver un avocat.

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