01.07.2018 à 10:14

SantéLe microbiote du chien ressemble au nôtre

La flore intestinale canine a de nombreux points communs avec celle de l’homme. Et leurs déséquilibres provoquent des maladies du même type.

par
Elisabeth Gordon
Chez les êtres humains comme chez les chiens, l’équilibre entre les différentes familles de bactéries de la flore semble être un gage de bonne santé, en particulier gastro-intestinale.

Chez les êtres humains comme chez les chiens, l’équilibre entre les différentes familles de bactéries de la flore semble être un gage de bonne santé, en particulier gastro-intestinale.

Igorr1/iStockphoto

Le tube intestinal des chiens abrite un surprenant bestiaire. Leur microbiote, comme on appelle maintenant la flore intestinale, est composé d’environ mille milliards de micro-organismes – des bactéries surtout, mais aussi des parasites, des champignons, etc. –, soit dix fois plus que le nombre des cellules de leur organisme. Pour le nôtre, avec lequel il partage de nombreux points communs, c’est pareil. En l’analysant, des chercheurs américains de l’Université de l’Illinois ont en effet constaté que, chez les canins comme chez les humains, deux familles de bactéries (les Bacteroidetes et les Firmicutes) prédominaient.

A priori, cela peut paraître étonnant, puisque la composition du microbiote est liée à l’alimentation, qui n’est pas tout à fait la même pour les chiens et leurs maîtres. Pourtant, cela ne surprend pas Thomas Lutz, vice-directeur de l’Institut de physiologie vétérinaire de l’Université de Zurich. Les chiens domestiques «sont omnivores, comme nous», dit-il. «Ce sont les plus omnivores de tous les animaux et certains maîtres en font même des végétariens», commente Olivier-Jean Glardon, vétérinaire à Yverdon et chargé de cours à l’Université de Berne.

Leurs congénères sauvages «consommaient des végétaux par l’intermédiaire de leurs proies, qui les avaient déjà prédigérés», ajoute-t-il. Ce n’est plus le cas de nos animaux de compagnie, dont l’alimentation industrielle est enrichie en produits végétaux. Ils ont donc, eux aussi, besoin de bactéries intestinales pour dégrader les fibres qui, sinon, seraient indigestes.

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Nous avons de nombreux autres points communs avec les canidés

Bien que leur microbiote présente de nombreuses similitudes avec le nôtre, c’est sans doute sur le plan digestif que les chiens diffèrent le plus des hommes. «Leur intestin est plus petit et le transit est beaucoup plus rapide: il dure au maximum 48 heures, contre environ 72 chez nous», précise Olivier-Jean Glardon.

En revanche, sur les plans anatomiques et physiologiques, les espèces canine et humaine ont de nombreuses ressemblances. Par exemple, dans le domaine cardiorespiratoire. Les canidés «peuvent aussi avoir de maladies vasculaires et des troubles du rythme cardiaque et, d’une manière générale, on trouve chez eux une vaste étendue de pathologies.» C’est vrai aussi pour leur système pulmonaire, qui peut être affecté par de l’asthme, ou pour leur appareil rénal, «qui est toutefois plus fragile que le nôtre». Ou pour leur cerveau, qui peut être affecté d’épilepsies et de dégénérescences entraînant des démences qui, comme chez les humains, «se manifestent sous forme de troubles physiologiques, de désorientation ou d’angoisse».

Par ailleurs, les chiens – qui sont les premiers animaux à avoir été domestiqués – partageant l’environnement et le mode de vie de leurs maîtres, il n’est pas étonnant qu’ils soient soumis aux mêmes agents pathogènes et puissent être affectés par les mêmes maladies, parmi lesquelles Thomas Lutz cite «l’obésité, les allergies, le diabète de type 1 et les cancers».

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