Hong Kong – Le militant indépendantiste Edward Leung libéré de prison
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Hong KongLe militant indépendantiste Edward Leung libéré de prison

Cette figure de la contestation indépendantiste de Hong Kong avait été emprisonnée en 2018 suite à des accusations d’émeutes et d’agressions envers la police suite à une manifestation.

Edward Leung était enfermé dans une prison de haute sécurité depuis 2018.

Edward Leung était enfermé dans une prison de haute sécurité depuis 2018.

AFP

Un militant pour l’indépendance de Hong Kong, Edward Leung, qui a inventé le slogan du grand mouvement pour la démocratie de 2019, a été libéré de prison mercredi, après presque quatre ans de détention. «Le département des services pénitentiaires a organisé la libération du prisonnier concerné de la prison de Shek Pik au petit matin» mercredi, a indiqué ce département dans un email.

Edward Leung, 30 ans, était une étoile montante de la scène politique lorsque le mouvement indépendantiste avait commencé à être entendu en 2016. Mais son ascension s’était arrêtée brutalement en 2018, lorsqu’il avait été emprisonné pour émeute et agression envers la police lors d’une manifestation en 2016, durant laquelle des protestataires avaient jeté des briques et brûlé des pneus dans les rues. Edward Leung a été enfermé dans une prison de haute sécurité. Pendant ce temps, son slogan de campagne, «Libérez Hong Kong, révolution de notre temps», est devenu célèbre lorsque les manifestants pro-démocratie l’ont repris en 2019 comme cri de ralliement contre la gouvernance autoritaire de la Chine.

Le slogan, omniprésent durant les immenses rassemblements pro-démocratie, parfois violents, qui ont secoué la ville, a été interdit l’an dernier en vertu d’une loi sur la sécurité nationale que Pékin a imposée à Hong Kong pour réprimer l’opposition.

Réclamer l’indépendance de Hong Kong passible de 10 ans de prison

Selon des médias locaux, il a quitté la prison avant 03 h 00. Des barrières métalliques avaient été installées sur la principale route menant à la prison, pour empêcher les journalistes de s’approcher. Mercredi vers 05 h 45, Edward Leung a indiqué sur les réseaux sociaux avoir retrouvé ses proches. «Après quatre ans, je veux profiter de ce temps précieux que j’ai avec ma famille et retrouver une vie normale. Je voudrais exprimer ma sincère gratitude pour votre attention», a-t-il écrit. Il a ajouté vouloir «rester loin des projecteurs et arrêter d’utiliser les réseaux sociaux», y étant obligé légalement car il reste sous surveillance. Mercredi à 6 h 30, sa page Facebook semblait avoir été désactivée. Il y a quelques semaines, des sources gouvernementales avaient indiqué à des médias locaux que l’activiste allait «probablement être surveillé», les autorités étant conscientes de son influence sur le camp indépendantiste, aujourd’hui très affaibli.

Né en 1991 à Wuhan, dans le centre de la Chine, M. Leung est l’un des premiers à avoir élevé la voix pour réclamer l’indépendance de Hong Kong, ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997. Après avoir irrité plus d’un militant pro-démocratie classique, ses idées sont devenues plus populaires, en particulier chez les jeunes du territoire semi-autonome, après l’échec en 2014 du mouvement Occupy, lorsque la police avait évacué les protestataires par la force après 79 jours de sit-in sans violence.

L’étudiant en philosophie et sciences politiques a ensuite rejoint le mouvement indépendantiste Hong Kong Indigenous dont il devint le porte-parole. Il fut le premier candidat indépendantiste à se présenter aux législatives, en 2016. Il échoua mais rassembla plus de 66’000 voix, un score semblant montrer une adhésion croissante à un mouvement auparavant marginal. Leung est resté silencieux pendant presque toute sa détention, sauf en juillet 2019 lorsque, après des violences, il avait écrit une lettre demandant aux manifestants de ne pas se laisser aveugler par la haine.

Aujourd’hui, en vertu de la loi sur la sécurité nationale entrée en vigueur en 2020, réclamer l’indépendance de Hong Kong est passible de prison, entre dix ans et la perpétuité.

(AFP)

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