Criminalité économique: Le Ministère public de la Confédération critiqué

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Criminalité économiqueLe Ministère public de la Confédération critiqué

Le président sortant du Tribunal pénal fédéral Daniel Kipfer estime que le MPC a oublié de développer ses compétences en matière de criminalité économique.

Interrogé dans la presse alémanique, Daniel Kipfer voit dans le MPC un «bon exemple de la manière dont il ne faudrait pas développer une institution».

Interrogé dans la presse alémanique, Daniel Kipfer voit dans le MPC un «bon exemple de la manière dont il ne faudrait pas développer une institution».

Keystone

Le président sortant du Tribunal pénal fédéral (TPF) critique vertement le Ministère public de la Confédération (MPC). Daniel Kipfer estime que cette instance a omis de développer ses compétences en matière de criminalité économique. En revanche, beaucoup de cas liés à la drogue ont soudainement fait leur apparition.

Dans une interview accordée mardi aux quotidiens «Aargauer Zeitung» et «Südostschweiz», Daniel Kipfer voit dans le MPC un «bon exemple de la manière dont il ne faudrait pas développer une institution». Selon lui, les besoins du Ministère public de la Confédération ont été présumés et extrapolés.

Des procureurs de tous les cantons ont ensuite été recrutés, qui ont continué à travailler avec leur droit de procédure cantonal. «Chacun pour soi», résume M. Kipfer. Et comme de nombreux agents de la police judiciaire fédérale oeuvraient précédemment contre le trafic de drogue, le TPF a soudainement dû traiter moult affaires de drogue, mais à peine quelques cas de criminalité organisée.

Mandat du législateur

Le Tribunal pénal fédéral s'y est opposé, car ce n'était pas le sens du mandat confié par le législateur. «Le développement de compétences contre la criminalité économique a été oublié», souligne Daniel Kipfer. Les exigences en la matière diffèrent.

Depuis, les affaires soumises au tribunal correspondent davantage aux intentions premières du Parlement: le TPF traite actuellement de nombreux cas de criminalité économique, et plusieurs dossiers de corruption, notamment au sein de l'administration. Respectant le tournus en vigueur, Daniel Kipfer cède sa fonction de président du Tribunal pénal fédéral après quatre ans. Agé de 57 ans, il restera juge au TPF.

(ats)

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