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GRANDE-BRETAGNELe ministre britannique des Affaires étrangères démissionne

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a annoncé lundi qu'il démissionnait de son poste à la faveur d'un remaniement d'une ampleur inattendue.

William Hague, 53 ans, qui a servi pendant 20 ans dans divers gouvernements conservateurs, a été député pendant 26 ans.

William Hague, 53 ans, qui a servi pendant 20 ans dans divers gouvernements conservateurs, a été député pendant 26 ans.

AFP

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, poids-lourd du parti conservateur, a provoqué la surprise en quittant son poste lundi à la faveur d'un remaniement d'une ampleur inattendue visant à rajeunir et féminiser le gouvernement à dix mois d'élections législatives.

Le Premier ministre David Cameron a rendu un hommage appuyé au chef de la diplomatie sans indiquer immédiatement le nom de son successeur, mais selon la BBC, le poste reviendrait au ministre de la Défense Philip Hammond, plus eurosceptique encore que Hague qui s'est pourtant illustré sur ce front.

L'une des «étoiles» du parti conservateur

Du sortant, David Cameron a dit qu'il avait été l'une des «étoiles» du parti conservateur, «un proche confident, un conseiller avisé et un grand ami». William Hague, 53 ans, qui a servi pendant 20 ans dans divers gouvernements conservateurs, a été député pendant 26 ans.

Il dirigeait depuis quatre ans le Foreign Office. La relève aux Affaires étrangères intervient à un moment particulièrement critique de la relation de Londres avec l'UE. David Cameron, qui a perdu sa bataille pour empêcher la nomination de Jean-Claude Juncker, jugé trop fédéraliste et trop peu enclin aux réformes, à la présidence de la Commission européenne, s'est engagé dans une autre croisade à l'issue incertaine.

Référendum en 2017

Il a promis aux Britanniques d'obtenir des réformes de l'UE et du lien de leur pays avec l'UE, avant de convoquer un référendum en 2017 sur le maintien --ou pas-- du Royaume-Uni au sein du club des 28.

Bien avant que son nom soit évoqué pour diriger la diplomatie britannique, Philip Hammond a annoncé qu'il voterait en faveur d'une sortie de l'UE si les réformes n'étaient pas au rendez-vous.

Une «purge des quinquagénaires»?

La nouvelle du départ de Hague a pris de court les commentateurs quand elle est tombée dans la soirée.Pour le Daily Mail, le petit génie de la politique qui s'était fait offrir à 15 ans par sa mère, pour cadeau d'anniversaire, une carte de membre du parti conservateur, a été victime «d'une purge des quinquagénaires».

Un porte-parole de l'opposition conservatrice, Michael Dugher, a vu dans le remaniement qui reste à détailler «un massacre des modérés», une preuve supplémentaire que les Tories souhaitent «battre la retraite en Europe», et que Cameron «a peur de sa propre aile droite».

Pas de nouveau mandat de député

William Hague restera cependant quelques mois encore au gouvernement, en tant que Leader de la chambre des Communes (la chambre basse du parlement), afin de mener la bataille législative de mai 2015 pour le compte du parti dont il a été leader à l'âge de 36 ans.

Il a cependant précisé que lui-même ne briguerait pas un nouveau mandat de député. L'autre départ le plus remarqué de l'équipe gouvernementale est celui d'un baron de la politique britannique, Kenneth Clarke, 74 ans, qui était ministre sans portefeuille après avoir occupé de nombreux hauts postes ministériels depuis 1972.

Connu pour son franc parler, grand amateur de jazz, de cigares et de bons whiskies, Kenneth Clarke a pour autre originalité d'être europhile.Frondeur, il a promis à Cameron «de faire vigoureusement campagne en faveur de notre maintien du pays dans l'UE» dans les mois et années à venir.

Démissions en cascade

Le 10 Downing street a annoncé lundi soir que le Premier ministre avait aussi accepté la démission du ministre aux Universités David Willetts, du Ministre à l'Energie et au changement climatique Greg Barker, du ministre à l'Irlande du Nord Andrew Robathan, et du ministre au Pays de Galles David Jones.

Le conseil des ministres de mardi a été annulé afin de lui laisser tout loisir de compléter sa nouvelle équipe. Les commentateurs politiques pariaient sur le maintien de son bras droit George Osborne, le ministre des Finances chargé de parachever le redressement de l'économie britannique.

A la faveur du changement, plusieurs femmes seront promues. De source gouvernementale, on indiquait que les entrants ont été notamment choisis pour leur talent à communiquer.Enfin, le remaniement s'accompagnera d'un choix clef: celui du ou de la Britannique qui sera proposé(e) comme commissaire européen, un poste qui promet d'être particulièrement agité.

(AFP)

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