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Rixe de GrenobleLe ministre de l'Intérieur évoque un «massacre»

Manuel Valls a souhaité une justice «extrêmement sévère». Sur place, la police a interpellé 9 personnes mardi dans le cadre de l'enquête sur le meurtre à l'arme blanche de deux jeunes dans la banlieue de Grenoble.

Manuel Valls a tenu une conférence de presse à Grenoble.

Manuel Valls a tenu une conférence de presse à Grenoble.

AFP

Les deux jeunes tués vendredi soir dans une rixe à Echirolles (Isère) "ont été massacrés", a déclaré mardi Manuel Valls, en déplacement à Grenoble. Le ministre de l'Intérieur a souhaité "que justice passe et qu'elle soit extrêmement sévère".

"Nous avons tous été marqués par la violence des coups portés, avec sans doute l'intention de faire mal, de tuer", a-t-il déclaré. "Ce massacre (...) doit trouver justice. Pour cela, il faut du temps et un travail minutieux, sous l'autorité judiciaire. La demande de justice est là et elle doit passer “, a-t-il ajouté.

Neuf personnes ont été interpellées mardi matin dans la région grenobloise, dans le cadre de l'enquête sur la rixe survenue dans le quartier des Granges, à Echirolles. Deux autres individus, des militaires, avaient été arrêtés lundi en fin de journée, l'un à Hyères (Var) et l'autre à Grenoble. Pour le ministre, "ce crime ne peut pas rester impuni et ne le sera pas. Il faut que la justice passe et soit extrêmement sévère".

Une mère de famille parmi les interpellés

Les interpellations ont essentiellement eu lieu à la Villeneuve, quartier sensible à cheval entre Grenoble et Échirolles. Une majorité des personnes interpellées sont de jeunes adultes âgés de 18 à 21 ans. Parmi eux figurent également, a-t-on appris de source policière, une mère de famille, interpellée mardi matin, après l’interpellation lundi après-midi de ses deux fils militaires, les premiers à avoir été arrêtés dans cette affaire, l’un dans l’agglomération grenobloise et l’autre à Hyères, dans le Var.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé mardi la création d’une Zone de sécurité prioritaire à la Villeneuve. "Il y aura des zones de sécurité prioritaires, elle concerneront évidemment ces quartiers, pour mieux coordonner le travail des forces de l’ordre, pour mobiliser l’ensemble des acteurs", a-t-il déclaré, annonçant "des moyens supplémentaires parce qu’il manque des moyens, notamment en matière de voie publique".

L’avocat de deux jeunes hommes en garde à vue, Me Ronald Gallo, a critiqué l’emploi par le ministre du terme de "massacre": "Qualifier ces faits de massacre augmente la douleur des familles", a-t-il affirmé, appelant à attendre de "connaître qui a fait quoi et comment". Plusieurs appartements ont été perquisitionnés lors de l’opération de police aux aurores qui a mobilisé une cinquantaine de policiers.

Motif apparemment futile

Pour un motif apparemment futile selon les premiers éléments de l’enquête, deux jeunes sans histoires, Kevin, étudiant, et Sofiane, éducateur, âgés de 21 ans, ont été lynchés vendredi soir dans un parc de la Villeneuve par un groupe d’une quinzaine de jeunes munis de manches de pioche, de marteau et de couteaux. Cette attaque aurait fait suite à une première dispute entre le petit frère de Kevin et un camarade, à la sortie du lycée.

Les agresseurs "seront traduits devant la justice pour recevoir la condamnation qu’ils méritent", avait promis François Hollande, qui a rencontré les familles des deux jeunes, faisant part de sa "solidarité au nom de la France toute entière".

Marche blanche mardi soir

Une marche blanche "à la mémoire de Kevin et Sofiane" est prévue mardi à 18H00 alors que les appels au calme se sont multipliés dans le quartier, émanant des proches des victimes, mais aussi des professeurs de leur ancien lycée.

François Hollande a notamment rendu visite à la mère de Kevin, Aurélie Noubissi, pédiatre, qui avait dénoncé la violence gratuite de jeunes du quartier devenus sans "garde-fous", vivant "dans le désoeuvrement, l’oisiveté".

Le président a été interpellé lundi soir par les habitants, lui réclamant plus de "sécurité", une habitante allant jusqu’à comparer sa ville au Texas.

Ce nouveau drame est venu raviver le souvenir des trois nuits d’émeutes en 2010 après la mort d’un jeune habitant tué lors d’un échange de tirs avec la police après qu’il eut braqué un casino. Ces heurts avaient été suivis du discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy, promettant une "guerre nationale" contre les "voyous".

(AFP)

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