Royaume-Uni - Le ministre de la Santé pris en flagrant délit d’adultère
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Royaume-UniLe ministre de la Santé pris en flagrant délit d’adultère

Matt Hancock s’est excusé vendredi d’avoir… enfreint les règles anti-Covid après qu’un tabloïd a révélé qu’il entretenait une liaison avec une conseillère. Sa démission est réclamée.

«The Sun» a publié ce vendredi en Une une image tirée d’une caméra de surveillance où on voit le ministre britannique de la Santé, marié et père de trois enfants, embrasser Gina Coladangelo, une amie de longue date. Ces images datent du 6 mai, à une période où les accolades étaient interdites. La discrète embauche de la quadragénaire auprès de Matt Hancock avait déjà fait polémique.

«Je reconnais avoir enfreint les consignes de distanciation sociale», a déclaré le ministre dans un court communiqué. «J’ai déçu les gens et je suis vraiment désolé», a-t-il ajouté demandant «le respect de sa vie privée sur ce sujet personnel».

S’il n’a pas annoncé sa démission, sa position est jugée «intenable» par la présidente du parti d’opposition travailliste, Anneliese Dodds, qui estime que le Premier ministre Boris Johnson «devrait le virer». Elle a accusé le ministre d’«enfreindre ses propres règles en matière de Covid» mais aussi de possibles «abus de pouvoir» et «conflit d'intérêt» dans cette affaire.

D’autres accusations visaient déjà Matt Hancock, embarrassantes pour ce ministre au cœur de l’action gouvernementale face à la pandémie de coronavirus. Lors d’une audition parlementaire le mois dernier, l’ex-conseiller de Boris Johnson, Dominic Cummings, avait accusé Hancock d’avoir «menti» à plusieurs reprises et jugé qu’il aurait dû être «viré». Il y a quelques semaines, il a affirmé, capture d’écran à l’appui, que Johnson avait qualifié Hancock de «putain de nul» dans sa gestion de la pandémie.

Conflit d’intérêt?

La nomination au ministère de Gina Coladangelo, une lobbyiste que Matt Hancock connaît depuis l’université et qui dirige actuellement la communication d’une chaîne de boutiques fondée par son mari, n’avait pas été déclarée avant d’être révélée par la presse. Un porte-parole du Labour a déclaré que le gouvernement devait dire si le ministre avait enfreint des règles et s’il y avait eu des «conflits d’intérêts» dans la nomination de sa conseillère.

«Les ministres, comme tout le monde, ont droit à une vie privée», a ajouté ce porte-parole du Labour. «Cependant, lorsque l’argent des contribuables est en jeu ou que des emplois sont proposés à des amis proches qui entretiennent une relation personnelle avec un ministre, cela doit être examiné. Le gouvernement doit être ouvert et transparent pour savoir s’il y a des conflits d’intérêts ou des infractions aux règles».

Le ministre des Transports Grant Shapps a déclaré jeudi sur SkyNews que toute nomination devait suivre un processus «incroyablement rigoureux» et qu’il n’existait «pas de raccourci», refusant de commenter davantage une affaire «entièrement personnelle».

Avant cette affaire, un influent conseiller scientifique du gouvernement, Neil Ferguson, avait démissionné en mai 2020 après avoir reçu chez lui une femme, présentée comme sa maîtresse, pendant le premier confinement, imposé deux mois plus tôt.

(AFP)

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