Nucléaire iranien: Le monde salue une nouvelle ère, à l'exception d'Israël
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Nucléaire iranienLe monde salue une nouvelle ère, à l'exception d'Israël

A l'exception d'Israël, ennemi de Téhéran, qui dénonce une «erreur historique», les dirigeants du monde entier ont salué une victoire de la diplomatie.

De Washington à Moscou en passant par Téhéran, les dirigeants du monde entier ont salué mardi 14 juillet l'accord nucléaire conclu à Vienne en y voyant la «chance» d'une nouvelle ère dans les relations internationales, à l'exception d'Israël, ennemi juré de Téhéran, qui dénonce une «erreur historique».

Cet accord parachève d'intenses négociations entre l'Iran et le groupe P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) pour solder ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans.

«Une chance d'aller dans une nouvelle direction»

«Grâce à cet accord, la communauté internationale sera capable de s'assurer que la République islamique d'Iran ne développe pas une arme nucléaire», s'est félicité le président américain Barack Obama, qui a fait de cette question l'une des priorités de sa politique étrangère.

«Cet accord nous donne une chance d'aller dans une nouvelle direction. Nous devons la saisir», a-t-il ajouté depuis la Maison Blanche, tout en soulignant que si l'Iran ne respectait pas ses engagements, «toutes les sanctions» seraient rétablies.

«Cet accord n'est pas fondé sur la confiance. Il est fondé sur les vérifications», a-t-il insisté.

«Contribuer à la paix régionale et au delà»

Fait rare: l'allocution de Barack Obama a été retransmise en direct par la télévision publique iranienne. C'est la seconde fois en 36 ans qu'un discours d'un président américain - qui ont rompu leurs relations diplomatiques avec Téhéran en 1979, année de la révolution islamique - est ainsi diffusé à la télévision d'Etat.

L'accord de Vienne a aussi été favorablement accueilli par les autres pays du groupe P5+1. A Londres, le Premier ministre David Cameron a salué un accord «historique» qui «contribuera à faire de notre monde un endroit plus sûr».

Cet «accord important et historique» peut «contribuer de manière essentielle à la paix et la stabilité dans la région et au delà», a également jugé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon.

«Le monde avance»

A Paris, le président François Hollande s'est réjoui d'un accord «très important» qui démontre que «le monde avance», appelant Téhéran à en profiter pour «aider» la coalition internationale sur le dossier syrien.

A Moscou, le président russe Vladimir Poutine a jugé que la communauté internationale pouvait désormais pousser «un grand soupir de soulagement». Les participants aux négociations «ont fait un choix décisif pour la stabilité et la coopération», selon lui ajoutant que l'accord donnerait un «puissant élan» aux relations entre l'Iran et la Russie, qui «ne seront plus affectées par des facteurs extérieurs».

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a souligné que l'accord permettait de «lever les obstacles» à la constitution d'une «large coalition» contre le groupe Etat Islamique (EI) et d'autres groupes terroristes.

A Berlin, la chancelière Angela Merkel a salué un «succès important de la diplomatie internationale», et a appelé à une «application rapide» de l'accord.

«Un point de départ» pour rétablir la confiance

Du côté iranien, le président modéré Hassan Rohani a lui aussi estimé que l'accord était «un point de départ» pour rétablir la confiance avec les Occidentaux.

«Si cet accord est appliqué correctement (...) nous pouvons peu à peu éliminer la méfiance», a-t-il affirmé en assurant, dans une intervention télévisée, que son pays ne chercherait «jamais à avoir l'arme nucléaire».

«Tous nos objectifs ont été atteints», a-t-il ajouté à propos de l'accord qui prévoit notamment une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie iranienne depuis des années. «Dieu a exaucé les prières de notre nation».

«Une erreur historique pour le monde»

La conclusion de l'accord a en revanche provoqué la colère du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait mené une campagne déterminée pendant des mois pour le dénoncer.

«Cet accord est une erreur historique pour le monde», a-t-il déclaré à Jérusalem. «L'Iran va recevoir des centaines de milliards de dollars qui vont lui permettre de faire fonctionner sa machine de terreur, son agression et son expansion au Moyen-Orient et dans le monde entier», a-t-il estimé.

«Nous nous sommes engagés à empêcher l'Iran de se doter des armes nucléaires et cet engagement est toujours d'actualité», a-t-il prévenu.

Bachar el-Assad écrit au guide suprême iranien

Signe de la portée historique de l'accord de Vienne, sa signature a fait réagir dans le monde entier largement au-delà du groupe P5+1.

En Syrie, le président Bachar el-Assad, allié de Téhéran, a adressé une lettre au guide suprême iranien Ali Khamenei pour le féliciter d'une «grande victoire».

Première monarchie arabe à réagir, les Emirats arabes unis ont salué un accord qui peut ouvrir «une nouvelle page dans les relations entre les pays de la région du Golfe».

«L'Iran peut avoir un rôle dans la région à condition qu'il révise sa politique et cesse ses ingérences dans les affaires intérieures de pays comme l'Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen», a indiqué à l'AFP un responsable émirati.

Espoir jusqu'au Vatican

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a, lui, estimé qu'au Moyen-Orient, région marquée par une «recrudescence du terrorisme, cet accord démontre que la solution des crises avec des moyens pacifiques est possible». Cet accord «instaure une nouvelle espérance pour un processus de pacification régionale» selon lui.

Le Saint-Siège, depuis longtemps favorable à un rapprochement entre les grandes puissances et l'Iran, a également espéré que l'accord porterait des fruits «dont nous espérons qu'ils ne se limiteront pas au seul domaine du programme nucléaire».

(AFP)

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