Motocyclisme: Le MotoGP fait sa crise de nerfs
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MotocyclismeLe MotoGP fait sa crise de nerfs

À J+1 de l’annonce du retrait prévu de Suzuki en fin de saison, la tension est latente dans les coulisses et sur la piste.

par
Jean-Claude Schertenleib

Ils sont quatre à pouvoir rester sereins. Enfin presque… Chez Ducati, Francesco «Pecco» Bagnaia a prolongé son entente de deux ans avec l’équipe de Borgo Panigale, avant même que la saison ne commence. Chez KTM, Brad Binder est aussi lié contractuellement pour l’an prochain, comme Marc Márquez chez Honda – jusqu’en 2026 – et, malgré un premier tiers de saison catastrophique, Franco Morbidelli chez Yamaha. Fabio Quartararo, même si rien n’est encore officiellement signé, n’a aucun souci à se faire.

Il n’en est pas de même pour les autres, tous les autres, depuis que deux pilotes de très haut niveau – le champion du monde 2020 Joan Mir et son compatriote espagnol Alex Rins – se retrouvent sur le marché, premières «victimes» du renoncement de Suzuki. Cela fait beaucoup plus de pilotes disponibles que de très bonnes places à disposition.

Quid des frères Espargaró?

Dans cette ambiance de plus en plus nerveuse, ceux qui parlent le plus sont, ce n’est pas une surprise, les frères Pol et Aleix Espargaró. Pol, équipier ces deux dernières années de Marc Márquez dans le team officiel Honda affirme que le bruit qui veut que Joan Mir signe avec le plus grand constructeur au monde, «n’est qu’une fake news. Je suis serein, je suis aussi le seul pilote Honda à être monté sur le podium depuis le début de la saison.»

La situation de son frère aîné Aleix est totalement différente: il a remporté, en Argentine, le premier GP de sa déjà très longue carrière, il vit actuellement – et très nettement – sa meilleure saison en championnat du monde, avec cette Aprilia RS-GP qui est devenue une moto très demandée. Conséquence: lui qui espérait (logiquement, en tenant compte de son immense apport dans le développement de la moto italienne) une reconnaissance importante de son travail, donc un contrat à la hausse, n’a toujours pas de nouvelles de son employeur. Et ça l’énerve à un tel point qu’il n’a pas hésité à confier à nos confrères espagnols de «Marca» que, le cas échéant, il pouvait très bien mettre un terme à sa carrière en fin de saison, même si sa passion est toujours aussi forte.

Ducati: qui, à l’usine?

Francesco Bagnaia.

Francesco Bagnaia.

Twitter

Chez Ducati, la situation n’est pas beaucoup plus claire. Bagnaia assuré de conserver son statut, qui à côté de lui dans le team officiel? On a compris – lui le premier – depuis pas mal de temps que ça ne sera plus Jack Miller. Tout le monde voyait Jorge Martin «gros comme une maison», mais il se trouve que l’Espagnol ne pointe qu’au treizième rang du championnat (une deuxième et une huitième place en six GP), alors que Bastianini, avec une Ducati de l’an dernier, s’est déjà imposé à deux reprises et que, ce vendredi, c’est bien lui – malgré deux chutes – qui s’est montré le plus rapide sur le circuit du Mans.

Yamaha: Quartararo bien seul

Chez Yamaha, on rappelle que le champion en titre et actuel leader du championnat, Fabio Quartararo, n’a pas encore prolongé son contrat. S’il reste, ce qui devrait être le cas, son équipier sera Franco Morbidelli (voir plus haut).

Et quid du team satellite, ou équipe junior? Son patron, le Malaisien Razlan Razali, ne cache pas qu’il est en contacts avec Aprilia. Et l’autre jour en conférence de presse, Quartararo a avoué que s’il restait chez Yamaha, cela ne le dérangerait pas de ne plus avoir de seconde équipe: «S’il n’y a que deux Yamaha sur la grille, ce ne sera pas vraiment un problème, parce que nous avons encore du mal à faire de bonnes comparaisons avec notre deuxième équipe; donc pour moi, ça ne changerait pas grand-chose.» Qu’en termes choisis, cela est dit…

KTM, Oliveira trop irrégulier

Chez KTM, on commence de se poser des questions autour de Miguel Oliveira, formidable vainqueur du GP d’Indonésie, mais très irrégulier. Pire, le Portugais tombe de plus en plus souvent (deux fois ce vendredi matin au Mans) et chez les «orange», quand on pose la question au team manager Francesco Guidotti, après la seconde chute de son protégé, il répond: «Il a surtout mal… dans sa tête.» Si le Lusitanien devait allait voir ailleurs, cela ferait donc un guidon officiel à disposition pour les très nombreux prétendants.

Et les teams «satellite»?

Une place à attribuer chez Honda, chez Ducati, chez Yamaha et chez KTM, deux chez Aprilia: une fois que les guidons «officiels» seront connus, ceux qui n’auront pas encore été casés devront faire les yeux doux aux patrons des teams «satellite», comme Lucio Cecchinello (Honda, qui pourrait remplacer Nakagami, comme Alex Márquez), Paolo Campinati (Pramac-Ducati), Nadia Padovini (Gresini-Ducati), Razlan Razali (RNF MotoGP, actuellement Yamaha, peut-être Aprilia) et… Valentino Rossi (Mooney VR46-Ducati). Le team Red Bull KTM Tech3 d’Hervé Poncharal devrait pour sa part continuer avec ses deux rookies, Remy Gardner et Raúl Fernández.

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