Justice: Le mur brise-vue ne passe pas
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JusticeLe mur brise-vue ne passe pas

La paroi entre un jardin d’hiver et la pelouse d’un voisin, à Porrentruy, est jugée «illégale».

par
Vincent Donzé
La palissade côté bâtisseur: la paix n’est pas pour demain.

La palissade côté bâtisseur: la paix n’est pas pour demain.

LMS

Là où un paysan jurassien aurait empilé des stères de bois, un résident alémanique a installé une palissade métallique entre sa propriété et celle de son voisin. Une guerre de voisinage arbitrée à Porrentruy par le Tribunal de première instance.

L’histoire se déroule en pleine campagne, le long d’un chemin menant à un camping, à Vermes (JU). «Ils étaient bons copains avant de se chamailler comme des gamins», soupire un voisin.

Pour séparer son jardin d’hiver du potager de son voisin, un résident a installé l’an dernier une palissade de métal et de plastique de 6 m. Un brise-vue «par ailleurs inutile au vu de la haie vivace plantée devant lui», selon la juge administrative Carmen Bossart Steulet. La palissade a été signalée à l’autorité communale par les voisins. Avec cet argument relevé par la juge: elle «prend le soleil aux tomates plantées dans leur jardin». Même si, hier, il n’y avait que des framboisiers à l’ombre.

La commune de Val Terbi a admis qu’un permis de construire était nécessaire en zone agricole. Le bâtisseur ne pouvait pas l’ignorer, puisqu’un permis délivré en 2010 pour deux pavillons, dont un contenant une piscine, interdisait tout nouvel aménagement. «La loi est la même pour tous», insiste la secrétaire communale Catherine Marquis. Un argument revisité par un habitant de Vermes: «Ces résidents alémaniques se croient tout permis!»

Étayé par des documents, le recours du bâtisseur a été balayé «en tous points». Il lui reste le choix: démonter sa palissade, demander un permis, recourir au Tribunal cantonal, ou déménager…

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