Bonfol: Le mur de Botta tremble sur ses bases financières
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BonfolLe mur de Botta tremble sur ses bases financières

Une étape administrative a été franchie pour la réalisation du projet de l'architecte tessinois. Mais son financement n'est pas assuré.

par
Vincent Donzé
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Il s'agit de légaliser le mur de la halle d'excavation des déchets, maintenu pour en faire un symbole de l'ancienne décharge industrielle de Bonfol (JU).

Il s'agit de légaliser le mur de la halle d'excavation des déchets, maintenu pour en faire un symbole de l'ancienne décharge industrielle de Bonfol (JU).

Le Matin
À proximité des étangs d'élevage qui font de Bonfol la capitale de la friture de carpe, l'argile a alimenté des poteries avant d'intéresser la chimie bâloise, laquelle a retraité ses déchets dans un sol jugé imperméable.

À proximité des étangs d'élevage qui font de Bonfol la capitale de la friture de carpe, l'argile a alimenté des poteries avant d'intéresser la chimie bâloise, laquelle a retraité ses déchets dans un sol jugé imperméable.

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Mario Botta a prévu d'aménager une promenade sécurisée sur le mur, mais une tour panoramique de 40 mètres figure aussi dans son projet.

Mario Botta a prévu d'aménager une promenade sécurisée sur le mur, mais une tour panoramique de 40 mètres figure aussi dans son projet.

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C'est une étape administrative qui a été franchie pour la réalisation à Bonfol (JU) du projet Landart de l'architecte tessinois Mario Botta, sur le site de l'ancienne décharge industrielle, fermée en 1976 et assainie aux frais de la chimie bâloise. Selon «Le Quotidien Jurassien», le plan spécial Landart censé régir la mise en valeur artistique du site est déposé publiquement.

L'avis de défrichement et de compensation publié simultanément est perçu comme une aberration par le maire Fernand Gasser: «Il faut éditer un avis de défrichement pour légaliser le mur déjà existant et compenser la surface de son emprise ailleurs», déclare cet élu au «QJ». La compensation écologique se ferait sur la voie ferré menant à l'ancienne décharge.

En conformité

Avec la mise en conformité du projet, après quatre ans de procédure, il s'agira de soumettre le plan spécial Landart à l'assemblée communale et de déposer un permis de construire rétroactif pour le mur existant de 200 mètres de long et de 12 mètres de haut, mais aussi pour et les installations prévues par Mario Botta.

Comme toujours, le nerf de la guerre, c'est le financement du projet. Il s'agira de récolter 1,6 millions de francs pour garantir la première étape, puis trois millions pour la seconde. Les plans prévoient une clairière reboisée avec en son centre, l'énorme mur qui servira de promenade, ainsi qu'une tour panoramique.

Dernier vestige

Dernier vestige de l'énorme halle d'excavation des déchets déconstruite en 2016, après 16 ans de fonctionnement, le mur conservé pour Mario Botta se dresse au milieu d'une clairière, à côté d'une plantation d'arbres.

La halle hermétique construite pour extraire hermétiquement les déchets était soutenue par des arches hautes de 40 m. Au rythme journalier de 160 tonnes, cinq jours sur sept, ce sont 193'000 tonnes de déchets toxiques et de terres contaminées qui ont été excavés et stabilisés, puis transportés et incinérés dans des fours allemands et belges à 1200 degrés. Coût de l'opération: 480 millions.

Laisser une trace

Selon Mario Botta, «il est important de laisser une trace et une mémoire». Pour l'achitecte tessinois, «il aurait été impensable de reboiser toute cette zone comme si la décharge chimique n'avait jamais existé».

Son projet architectural contient un message de réconciliation entre l'homme et la nature. Il prévoit la construction d'une tour de 40 mètres offrant une vue panoramique sur une zone boisée formée de deux cercles adjacents de 400 mètres de pourtour, composés de chênes.

D'abord le mur

Le financement de ce projet s'élève à 4,65 millions de francs. Sa réalisation doit se dérouler en deux phases: d'abord le mur et la zone végétale, puis la tour.

Ce projet a pu voir le jour grâce à l'Association Escale Bonfol, créée en 2011 grâce à des fonds versés par la chimie bâloise pour renforcer l'attrait touristique de ce village de 700 habitants.

Tirer un trait

Escale Bonfol veut offrir un contrepoids symbolique à l'entreposage des déchets. Il s'agit de tirer un trait sur une longue histoire qui a terni l'image du village de Bonfol.

Devant l'assemblée communale, une convention prévoyant la conservation d'un mur de l'ancienne halle d'excavation des déchets a été acceptée du bout des lèvres par 15 voix contre 14 et une abstention.

Si le projet de Mario Botta devait être abandonné faute de financement, la chimie bâloise paierait sa destruction. Si cette démolition devait intervenir au-delà du 31 décembre 2019, une enveloppe de 200'000 francs serait disponible.

Déchets jetés pêle-mêle

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