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SuisseLe National fait une fleur aux sites historiques de tir

Des milliers de stands de tir doivent être assainis à cause des munitions qui polluent le sol. Ils pourront bénéficier d'un coup de pouce financier.

Les tirs historiques et en campagne engendrent des pollutions massives par le plomb et l'antimoine.

Les tirs historiques et en campagne engendrent des pollutions massives par le plomb et l'antimoine.

Keystone

Les sites historiques utilisés pour des tirs devraient continuer de recevoir après 2020 un coup de pouce financier pour leur assainissement. Par 117 voix contre 73, le National a tenu vendredi à accorder cette fleur. Un projet de loi doit désormais être rédigé.

Des milliers de stands de tir doivent être assainis à cause des munitions qui polluent le sol. La Confédération ne soutiendra les démarches que sur les sites où on ne tire plus après le 31 décembre 2020.

Cette règle a poussé le canton de Berne à interdire purement et simplement les tirs concernés à partir de cette date, s'est ému Adrian Amstutz (UDC/BE). Dans une initiative parlementaire, il a demandé que les sites où l'on ne tire pas plus d'une fois par an ne soient pas menacés par le couperet fédéral.

Partout en Suisse, des tireurs sont concernés et doivent pouvoir perpétuer cette tradition, a argué le Bernois. Les tirs historiques font partie de notre patrimoine culturel et doivent à tout prix être maintenus. Le couperet fédéral est, selon lui, absurde. Il n'en va pas de l'environnement, vu que le tir ne sera pas interdit.

Une balle dans le pied

Les deux commissions de l'environnement avaient donné leur aval. Celle du National a fini par se raviser, mais le plénum ne l'a pas suivie et a décidé de ne pas classer l'initiative. «C'est se tirer dans la jambe», a dit Martin Bäumle (PVL/ZH) pour la commission. Si on tire encore deux ans, les coûts pour l'assainissement seront plus élevés, on ne fait que repousser le problème, selon lui. Actuellement, la plupart des sites ne doivent pas être assainis, mais dans deux ans, cela pourrait être le cas.

Les tirs historiques et en campagne engendrent des pollutions massives par le plomb et l'antimoine, en particulier dans les terres cultivables. Ces métaux lourds sont particulièrement dangereux. En une journée, une manifestation de tir peut entraîner, en raison des nombreux participants, une pollution égale à celle causée par un stand de tir standard en une année.

Il existe aujourd'hui des mesures techniques permettant d'éviter de telles contaminations. Les quelque 35 tirs en campagne lors desquels les participants tirent directement dans le sol peuvent être menés dans des sites équipés de pare-balles, a rappelé en vain le Vert'libéral.

(ats)

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