Session: Le National veut mieux tenir compte du sexe dans la recherche médicale

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SessionLe National veut mieux tenir compte du sexe dans la recherche médicale

La Chambre du peuple a adopté une motion de sa commission qui demande le lancement d’un programme national de recherche qui intègre une approche du genre.

par
Christine Talos
Le Conseil fédéral devra faire en sorte d’augmenter sensiblement les recherches consacrées aux problèmes et maladies qui touchent spécifiquement ou surtout les femmes.

Le Conseil fédéral devra faire en sorte d’augmenter sensiblement les recherches consacrées aux problèmes et maladies qui touchent spécifiquement ou surtout les femmes.

AFP

Il faut que la recherche médicale tienne davantage compte des spécificités liées au sexe, en particulier en ce qui concerne les femmes. Contre l’avis d’une minorité UDC et PLR, le National a adopté jeudi par 127 voix contre 54 une motion de sa commission de la santé qui demande au Conseil fédéral d’encourager la recherche en médecine intégrant une approche du genre.

Le Conseil fédéral devra ainsi lancer un programme national de recherche consacré à la médecine intégrant une approche genre. Il devra aussi faire en sorte d’augmenter sensiblement les recherches consacrées aux problèmes et maladies qui touchent spécifiquement ou surtout les femmes. Le Conseil des États doit encore se prononcer.

Risques de faux diagnostics et de mauvais traitements

Le sexe biologique et le sexe socioculturel (soit les comportements influencés par la culture et la société) ont des répercussions sur la prévalence, les symptômes, l’évolution, le traitement et le diagnostic des maladies, relevait la commission. Des facteurs biologiques, tels que les hormones sexuelles et la manifestation des gènes, y contribuent. «Ces différences entre les sexes ne sont pas assez perçues ni prises en compte en Suisse dans le domaine de la recherche et dans la pratique clinique», estimait-elle encore.

À la tribune, la rapporteuse Léonore Porchet (Verts/VD) a cité ainsi l’exemple le plus connu: l’infarctus. «Les symptômes chez les hommes et chez les femmes sont très différents. Ceux des femmes sont moins connus et plus de femmes meurent de crise cardiaque que d’hommes», a-t-elle expliqué. «En ne tenant pas compte des spécificités liées au sexe, on risque donc d’établir de faux diagnostics et de recourir aux mauvais traitements», selon la commission.

Déjà des analyses en cours

Le Conseil fédéral ne voulait pas de la motion. Guy Parmelin a rappelé que le gouvernement avait déjà établi l’existence d’éléments indiquant que les différences liées au sexe n’étaient pas assez prises en compte en médecine. Ce constat est actuellement examiné en profondeur dans le cadre des travaux amorcés à la suite de l’adoption d’un postulat de Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE). «On analyse déjà dans quelle mesure les femmes sont désavantagées dans la recherche médicale, la prévention et les soins, quelles en sont les conséquences et surtout comment y remédier.»

À noter toutefois que le National a suivi une minorité de droite et a refusé par 100 voix contre 83 un point de la motion qui aurait voulu que le Fonds national suisse prenne en considération le critère du genre comme condition d’octroi de contributions financières.

Pour rappel, le National a déjà adopté il y a deux jours une motion de sa commission qui demandait que les pathologies touchant particulièrement les femmes, telles l’endométriose ou le lipoœdème, soient mieux identifiées et fassent l’objet de recherches plus ciblées.

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