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Alimentation des animauxLe National veut réintroduire les déchets d'abattage

Poulets et cochons devraient de nouveau pouvoir être nourris avec des déchets d'abattage.

De la viande en abattoirs (photo). Seuls les produits d'abattage de porcs et de volaille sans risque pour la santé entrent en ligne de compte pour la production de déchets carnés.

De la viande en abattoirs (photo). Seuls les produits d'abattage de porcs et de volaille sans risque pour la santé entrent en ligne de compte pour la production de déchets carnés.

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Contre l'avis du Conseil fédéral, le National a accepté jeudi par 134 voix contre 38 une motion de Hansjörg Knecht (UDC/AG) qui exige la réintroduction de protéines animales indigènes dans l'alimentation des animaux de rente.

Dans de nombreux pays, ce type de protéines est utilisé en grande quantité dans la nourriture des animaux, a relevé le motionnaire. L'autorisation d'affourager ainsi les animaux de rente ne pose de problèmes que dans l'Union européenne et en Suisse. Or, sur le marché mondial, ces protéines deviennent très chères et rares. L'approvisionnement de la Suisse pose donc problème.

Il est temps d'utiliser les protéines animales indigènes qui sont aujourd'hui détruites, causant une perte de 200 millions de francs et des dépenses fédérales de 50 millions. Or, non seulement il n'existe pas de stratégie sur les protéines animales en Suisse, mais la production de céréales d'affouragement est encore négligée.

Ouverture partielle

Le Conseil fédéral est partiellement ouvert à une levée de l'interdiction de fournir des protéines animales à des non-ruminants. Mais il faut respecter une série de conditions cumulatives, a répondu le ministre de la santé Alain Berset.

Seuls les produits d'abattage de porcs et de volaille sans risque pour la santé entrent en ligne de compte. La réutilisation de ces matières premières doit respecter l'interdiction de cannibalisme.

Pas question non plus d'utiliser des sous-produits d'abattage de ruminants. Les filières de transformation doivent rester séparées à tous les stades et il faut disposer d'une méthode permettant de déterminer à coup sûr l'espèce dont sont issues les protéines contenues dans les aliments pour animaux, a énuméré Alain Berset.

Toutefois, vu les engagements que la Suisse a pris dans l'accord vétérinaire avec l'Union européenne, elle ne peut assouplir ces dispositions qu'en accord avec l'évolution de la réglementation européenne en la matière. La majorité ne s'est pas laissé convaincre. La balle passe dans le camp du Conseil des Etats.

(ats)

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