14.06.2018 à 18:58

Le navire qui transforme déchets en carburant

France

Le Plastic Odyssey est capable de recycler en temps réel les déchets plastiques non recyclables pour en faire du carburant. Il sera mis à l'eau ce vendredi.

par
K.A.
Plastic Odyssey

Sensibles à la pollution des océans, une équipe de jeunes français mettra à l'eau, le vendredi 15 juin à Concarneau, un navire d'un tout nouveau genre. Équipé d’un pyrolyseur, Plastic Odyssey utilisera ainsi pour seul carburant les déchets plastiques rencontrés dans les océans.

De la taille d'un conteneur maritime transportable, ce dernier «broiera les plastiques pour les réduire en paillettes de 5 mm environ», relaye lemonde.fr. Ces dernières seront ensuite chauffées à 420 °C dans une première cuve qui «casse les molécules et qui permet leur évaporation».

Vient ensuite l'étape de la distillation. En somme, avec 4 à 5 kg de déchets plastiques traités par heure, l'engin permet d’obtenir environ 3 litres de carburant (75% de diesel et kérosène, 25% d’essence).

Sensibiliser les populations

Au cours des six prochains mois, cette équipe naviguera sur les côtes françaises afin de promouvoir leur projet dans les salons nautiques. Leur objectif est de tester le pyrolyseur, mais également d'attirer des sponsors pour financer l'étape suivante. A savoir construire un catamaran de 25 mètres pour réaliser un tour du monde de trois ans et et sensibiliser les populations au recyclage des déchets plastiques.

«Il n’y a pas un continent de plastique qu’il suffirait d’aller nettoyer avec un grand filet. Seulement 1% du plastique reste en surface. Le reste se décompose en microparticules qui entrent dans la chaîne alimentaire avec des effets sur l’homme qui restent encore inconnus. On ne pourra pas nettoyer les océans de nos déchets plastiques des cinquante dernières années. Par contre, nous avons une responsabilité collective d’endiguer le flux et d’amorcer la transition», a expliqué le co-fondateur de Plastic Odyssey Alexandre Dechelotte.

Le but final est d'arriver à commercialiser cette solution de recyclage low-tech. «Toutes nos machines seront en open source, c’est-à-dire que n’importe qui pourra nous copier. Nous voulons démontrer que ce modèle est économiquement viable. A terme, je suis convaincu que ce sera la norme. Notre économie va progressivement basculer d’un modèle basé sur la concurrence et la compétitivité vers un autre basé sur la coopération», détaille Simon Bernard, un autre co-fondateur.

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