Nucléaire iranien: Le négociateur de l’UE attendu à Téhéran cette semaine
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Nucléaire iranienLe négociateur de l’UE attendu à Téhéran cette semaine

Enrique Mora doit arriver en Iran ce mardi avec l’objectif de reprendre les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran.

Depuis un an, les pourparlers de Vienne, qui impliquent aussi les autres signataires de l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie), visent à le relancer par la levée des sanctions américaines et le plein respect des engagements iraniens.

Depuis un an, les pourparlers de Vienne, qui impliquent aussi les autres signataires de l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie), visent à le relancer par la levée des sanctions américaines et le plein respect des engagements iraniens.

AFP

Le négociateur de l’Union européenne chargé de coordonner les pourparlers sur le nucléaire iranien, Enrique Mora, est attendu mardi à Téhéran pour une ultime démarche afin de débloquer les négociations quasiment à l’arrêt depuis le 11 mars.

Mais l’Iran et les États-Unis, engagés depuis un an dans des négociations indirectes à Vienne pour sauver l’accord de 2015 censé empêcher la République islamique de fabriquer la bombe atomique -- dont elle nie vouloir se doter --, continuent de se rejeter mutuellement la responsabilité de l’impasse. L’émissaire européen, qui avait effectué fin mars sa dernière navette entre Téhéran et Washington, rencontrera notamment le chef des négociateurs iraniens Ali Bagheri.

«Le voyage de M. Mora fait avancer les pourparlers dans la bonne direction», mais cela «ne signifie pas qu’il arrive avec un nouveau message après une pause», a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, il a souligné que des messages étaient «constamment échangés entre l’Iran et les États-Unis via l’Union européenne». «Si les États-Unis décident aujourd’hui de respecter les droits du peuple iranien, nous pouvons aller à Vienne après la visite de M. Mora et signer l’accord», a-t-il martelé. Or, signe d’une impasse dont il sera difficile de sortir, la diplomatie américaine a de son côté laissé entendre que la balle était à ses yeux dans le camp iranien.

«Nous sommes en contact étroit avec Enrique Mora» et «nous soutenons ses efforts», a dit lundi le porte-parole du département d’État, Ned Price, devant la presse. «Nous pensons pouvoir conclure cette négociation rapidement si les Iraniens ont la volonté d’avancer en toute bonne foi», a-t-il ajouté, sans faire état d’une nouvelle proposition américaine pour surmonter les derniers obstacles. Les États-Unis se sont retirés unilatéralement en 2018, sous la présidence de Donald Trump, de l’accord international sur le programme nucléaire iranien, et ont rétabli leurs sanctions économiques anti-Iran. En riposte, Téhéran s’est affranchi des limites-clés à ses activités atomiques.

Une «dernière cartouche»

Depuis un an, les pourparlers de Vienne, qui impliquent aussi les autres signataires de l’accord de 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie), visent à le relancer par la levée des sanctions américaines et le plein respect des engagements iraniens. Après l’arrêt en mars des négociations dans la capitale autrichienne, l’Iran a appelé le 25 avril à une réunion «le plus tôt possible» en vue de rétablir l’accord sur le nucléaire.

Parmi les principaux obstacles figure la demande de l’Iran de retirer les Gardiens de la révolution, son armée idéologique, de la liste noire américaine des «organisations terroristes étrangères», mais le président des États-Unis Joe Biden semble avoir décidé de ne pas céder à cette exigence. Les médias «ne doivent pas réduire les questions» en suspens entre l’Iran et les États-Unis «à une seule question, comme par exemple les Gardiens», a lancé M. Khatibzadeh.

«Les lignes (rouges) fixées par les hautes instances de la République islamique ont été respectées, et c’est pourquoi nous en sommes là aujourd’hui», a-t-il ajouté, sans plus de précision. Samedi, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avait déclaré au Financial Times qu’il cherchait une «voie médiane» pour lever les blocages qui menacent de saboter plus d’un an d’efforts diplomatiques européens. Il avait décrit la mission d’Enrique Mora, qu’il dit vouloir dépêcher à Téhéran malgré les «réticences» iraniennes, de «dernière cartouche».

«À un certain moment, je dirai, en tant que coordinateur, +je mets cette proposition sur la table, formellement (…) le seul point d’équilibre possible serait celui-ci+», avait expliqué M. Borrell. «Nous ne pouvons pas continuer comme ça indéfiniment, car entre-temps, l’Iran continue de développer son programme nucléaire», avait-il souligné. Depuis des mois, Washington prévient qu’il sera bientôt trop tard pour sauver l’accord, laissant planer la menace d’un plan B aux contours encore flous. «À ce stade, cela reste dans l’intérêt de notre sécurité nationale de remettre le programme nucléaire iranien dans une boîte» conformément à ce texte de 2015, a assuré Ned Price.

(AFP)

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