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CatastropheLe Népal admet des erreurs dans sa réponse au séisme

Le gouvernement népalais a reconnu qu'il y a eu «des défaillances dans la gestion des opérations de secours» après le séisme.

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Sur les 32 millions de francs qu'elle avait récoltés, la Chaîne du Bonheur en a déjà affecté 29.  (Mardi 24 avril 2018)

Sur les 32 millions de francs qu'elle avait récoltés, la Chaîne du Bonheur en a déjà affecté 29. (Mardi 24 avril 2018)

Keystone
Dans la population, la colère continue à monter face à la lenteur de la reconstruction (Dimanche 24 avril 2016).

Dans la population, la colère continue à monter face à la lenteur de la reconstruction (Dimanche 24 avril 2016).

Keystone
Une foule s'est rassemblée pour une veillée aux chandelles à Katmandou, la capitale, sur la place Durbar (Dimanche 24 avril 2016).

Une foule s'est rassemblée pour une veillée aux chandelles à Katmandou, la capitale, sur la place Durbar (Dimanche 24 avril 2016).

Keystone

Les autorités népalaises ont admis avoir commis des erreurs dans leur réponse initiale au violent séisme de samedi qui a fait plus de 5000 morts. Dans les localités reculées du pays, les rescapés attendent toujours de l'aide et des secours.

«C'est une catastrophe d'une ampleur sans précédent. Il y a eu des défaillances dans la gestion des opérations de secours», a reconnu mardi soir le ministre népalais des Communications, Minendra Rijal. «Nous améliorerons tout cela à partir de mercredi», a-t-il ajouté.

Intervention de la police anti-émeute

A Katmandou, la police anti-émeute a peiné ce mercredi 29 avril pour ramener le calme parmi les milliers de survivants en colère faute de trouver un bus leur permettant de quitter la ville.

La police a dû être déployée à la gare routière, près du parlement, où la foule s'était rassemblée avant l'aube dans l'espoir de pouvoir monter à bord d'un bus spécial promis par le gouvernement. Des échauffourées ont éclaté entre la foule et les autorités lorsque les survivants ont perdu patience devant l'absence de ces bus.

«Nous attendons depuis l'aube. Ils nous ont dit qu'il y aurait 250 bus mais aucun n'est encore arrivé», explique Kishor Kavre, étudiant de 25 ans venu dans l'espoir de partir de la capitale en ruines.

«Nous sommes impatients de pouvoir rentrer chez nous pour voir nos familles mais nous ne savons pas quand ils (les bus, ndlr) viendront. Je pense que le gouvernement est à la peine.»

Hôpitaux débordés

Selon le Premier ministre Sushil Koirala, le bilan définitif pourrait atteindre les 10'000 morts, au fur et à mesure que le contact sera rétabli avec des villages reculés. Pareil bilan dépasserait les 8500 tués du séisme de 1934, dernier séisme de cette ampleur à avoir touché ce pays himalayen de 28 millions d'habitants.

La catastrophe a fait 5057 morts et plus de 10'000 blessés au Népal, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur, tandis qu'une centaine d'autres sont mortes en Inde et en Chine. Les hôpitaux ont vite été débordés par l'afflux de blessés, dont bon nombre ont été soignés en plein air.

Appel à l'aide

Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shanker Das Bairagi, a demandé à la communauté internationale d'envoyer des médecins spécialistes, ainsi que des équipes de recherche, alors même qu'initialement, le Népal assurait ne pas avoir besoin d'aide.

«Notre priorité numéro un va aux secours et aux équipes de secouristes. Nous avons besoin de neurologues, de chirurgiens orthopédistes», a détaillé le chef de la diplomatie.

L'aide internationale commence à arriver au Népal, mais sa distribution se fait lentement, en partie parce que les répliques ont de temps à autre provoqué la fermeture de l'aéroport.

Tensions

Rare signe d'espoir, une équipe de recherche franco-népalaise a dégagé mardi un homme de 28 ans, Rishi Khanal, des décombres d'un immeuble d'habitation de Katmandou. Il avait passé 80 heures prisonnier d'une pièce avec près de lui trois cadavres. Mais son cas risque fort de n'être qu'une exception.

Des tensions entre étrangers et Népalais, qui cherchent à tout prix de l'aide, ont commencé à apparaître, selon les secouristes. A Langtang, dans une zone de trekking au nord de Katmandou, des échauffourées ont éclaté à cause des pénuries alimentaires, a déclaré un randonneur israélien, Amit Rubin. «Les villageois estiment que les touristes accaparent trop de vivres», a-t-il dit.

Dans d'autres secteurs reculés où les hélicoptères ne trouvent aucun endroit pour se poser, les soldats ont entrepris de se frayer un chemin d'abord en car, puis à pied.

(ats)

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