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editorialLe New York Times réclame la clémence pour Snowden

Edward Snowden, inculpé d'espionnage par la justice fédérale américaine et réfugié en Russie, «a peut-être commis un crime», juge le Times, «mais a rendu un grand service à son pays».

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Des migrants pauvres avaient caché dans leurs appartements à Hong Kong Edward Snowden en 2013. Aujourd'hui, les réfugiés craignent pour leur sécurité et ils demandent l'asile au Canada. (9 mars 2017)

Des migrants pauvres avaient caché dans leurs appartements à Hong Kong Edward Snowden en 2013. Aujourd'hui, les réfugiés craignent pour leur sécurité et ils demandent l'asile au Canada. (9 mars 2017)

archive, AFP
La justice norvégienne a de nouveau débouté mercredi l'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden. Il demandait des garanties contre une éventuelle extradition s'il venait chercher une récompense en Norvège. (Mercredi 28 septembre 2016)

La justice norvégienne a de nouveau débouté mercredi l'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden. Il demandait des garanties contre une éventuelle extradition s'il venait chercher une récompense en Norvège. (Mercredi 28 septembre 2016)

Reuters
Le fondateur du site WikiLeaks Julian Assange a recommandé à l'Américain Edward Snowden d'être «extrêmement prudent» s'il sortait de Russie, pays qui vient de lui renouveler l'asile et de lui permettre de voyager à l'étranger. (7 août 2014)

Le fondateur du site WikiLeaks Julian Assange a recommandé à l'Américain Edward Snowden d'être «extrêmement prudent» s'il sortait de Russie, pays qui vient de lui renouveler l'asile et de lui permettre de voyager à l'étranger. (7 août 2014)

Keystone

Le New York Times a appelé jeudi l'administration du président Barack Obama à faire preuve de clémence vis-à-vis d'Edward Snowden. Il estime que les révélations de l'ancien consultant de la NSA sur les activités du renseignement américain ont été bénéfiques.

Edward Snowden, inculpé d'espionnage par la justice fédérale américaine et réfugié depuis l'été dernier en Russie, «a peut-être commis un crime», juge le New York Times dans son principal éditorial, «mais il a rendu un grand service à son pays».

«Etant donné la valeur énorme des informations qu'il a révélées, et les abus qu'il a mis au jour, M. Snowden mérite mieux qu'une vie d'exil, de peur et de fuite», ajoute l'influent quotidien.

«Le moment est venu pour les Etats-Unis d'offrir à M. Snowden un marché ou une forme de clémence, qui lui permettrait de revenir chez lui», poursuit le quotidien, qui se prononce pour «une punition fortement allégée» pour l'ex-consultant de la NSA, «étant donné son rôle de lanceur d'alerte».

Soutien en Grande-Bretagne

«Lorsque quelqu'un révèle que des responsables de l'Etat ont violé la loi de façon routinière et délibérée, cette personne ne devrait pas risquer la prison à vie à cause de ce même Etat», insiste encore le New York Times.

Le quotidien britannique The Guardian, qui a publié nombre de révélations choc de Edward Snowden, va dans le même sens, remarquant que l'ex-consultant, «en l'absence d'autorité de supervision (du renseignement) démocratique et fiable, a donné aux gens suffisamment d'informations sur la nature des opérations modernes de collecte de renseignement pour permettre à un débat de se produire».

Saluant la «bravoure morale» de Edward Snowden, le Guardian souhaite que le président Obama «fera usage de ses pouvoirs exécutifs pour le traiter (...) d'une façon exemplaire de la valeur des lanceurs d'alerte et de la liberté d'expression».

Refus de la Maison Blanche

Le directeur du groupe de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth, a lui affirmé que «Snowden a mis au jour des mauvaises pratiques. D'autres qui ont eu recours aux canaux officiels pour donner l'alerte ont été ignorés ou poursuivis». M. Roth a exhorté l'administration à abandonner les poursuites contre l'ancien analyste.

Et contactée jeudi pour une réaction, la Maison Blanche a renvoyé aux précédentes déclarations de Barack Obama et de responsables de son gouvernement, qui ont refusé d'envisager toute forme de clémence pour Edward Snowden et l'ont appelé à revenir aux Etats-Unis pour répondre des faits qui lui sont reprochés.

Le 24 décembre, dans un entretien au Washington Post et une intervention télévisée, sans précédent depuis le début de ses révélations en juin, Edward Snowden avait appelé les citoyens du monde entier à «mettre fin à la surveillance de masse» et estimé avoir «accompli» sa mission.

(AFP)

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