Polynésie française: Le niveau de la radioactivité lors des essais nucléaires sous-évalué
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Polynésie françaiseLe niveau de la radioactivité lors des essais nucléaires sous-évalué

Entre 1966 et 1996, le niveau réel de la radioactivité à laquelle la population de Polynésie française a été exposée lors des essais nucléaires français dans le Pacifique, a été sous-évalué, selon une enquête du média d’investigation en ligne Disclose, publiée mardi.

Une des essais nucléaires français au large de l’atoll de Mururoa en 1971. 

Une des essais nucléaires français au large de l’atoll de Mururoa en 1971.

AFP

Pendant deux ans, le média d’investigation Disclose a analysé 2000 pages de documents militaires déclassifiés en 2013 par le ministère français de la Défense. Ce travail a été effectué en partenariat avec le collectif anglais de modélisation 3D Interprt et le programme de recherche Science and security global de l’Université de Princeton aux Etats-Unis.

L’enquête «a pu réévaluer la dose reçue à la thyroïde par les habitants des (îles) Gambier, de Tureia et de Tahiti au cours des six essais nucléaires considérés comme les plus contaminants de l’histoire du Centre d’expérimentation du Pacifique. Résultat: nos estimations sont entre 2 et 10 fois supérieures à celles réalisées par le Commissariat (français) à l’énergie atomique en 2006», selon Disclose. Pour expliquer la différence entre ses calculs et ceux du CEA, Disclose met en avant des interprétations différentes des données.

110’000 personnes exposées à la radioactivité

Par exemple, pour l’essai nucléaire aérien effectué en 1966 à Mururoa, baptisé Aldébaran, les scientifiques du CEA «considèrent que la population locale ne buvait que de l’eau de rivière mais pas d’eau de pluie». Or, de nombreux habitants de cet archipel buvaient de l’eau de pluie, selon l’enquête du média d’investigation.

«D’après nos calculs, fondés sur une réévaluation scientifique de la contamination en Polynésie française, environ 110’000 personnes ont été exposées à la radioactivité, soit la quasi-totalité de la population des archipels à l’époque.»

Enquête Disclose

Pour le seul essai Centaure, tiré en juillet 1974, «d’après nos calculs, fondés sur une réévaluation scientifique de la contamination en Polynésie française, environ 110’000 personnes ont été exposées à la radioactivité, soit la quasi-totalité de la population des archipels à l’époque», souligne l’enquête.

Seulement 63 personnes indemnisées

«Nous avons exploité les données recueillies par le Service mixte de sécurité radiologique (SMSR) à l’époque du tir (ndlr: en 1974). Les mêmes qui ont servi au CEA pour ses réévaluations de doses publiées dans une étude de 2006, la référence en la matière. Mais d’après notre expertise, les estimations du CEA concernant les dépôts au sol ont été sous-estimées de plus de 40%.»

Cette étude du CEA est la référence du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) pour étudier les dossiers des victimes des essais nucléaires. Jusqu’à aujourd’hui, le nombre de civils polynésiens – c’est-à-dire hors militaires et prestataires d’entreprises – ayant touché des indemnités s’élève à 63 personnes, selon le média d’investigation.

(AFP)

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