Actualisé 07.10.2019 à 11:28

SuèdeLe Nobel de médecine à trois anglophones

Le Nobel de médecine est décerné aux Américains William Kaelin et Gregg Semenza et au Britannique Peter Ratcliffe.

L'Académie du Nobel, ce 7 octobre 2019.

L'Académie du Nobel, ce 7 octobre 2019.

AFP

Le prix Nobel de médecine a été attribué aux Américains William Kaelin et Gregg Semenza et au Britannique Peter Ratcliffe. Ils sont distingués pour leurs recherches sur l'adaptation des cellules à l'apport variable d'oxygène.

«L'importance fondamentale de l'oxygène est connue depuis des siècles, mais le processus d'adaptation des cellules aux variations de niveau d'oxygène est longtemps resté un mystère», a indiqué l'Assemblée Nobel de l'Institut Karolinska à Stockholm dans ses attendus. Les travaux des trois chercheurs ouvrent notamment des perspectives pour le traitement du cancer et de l'anémie.

«Le prix Nobel de cette année récompense des travaux ayant révélé les mécanismes moléculaires à l'oeuvre dans l'adaptation des cellules à l'apport variable d'oxygène» dans le corps, a souligné l'Assemblée Nobel.

Mécanismes à l'oeuvre dans les tumeurs

Ces mécanismes sont également impliqués dans les tumeurs, dont la croissance dépend de l'apport en oxygène du sang, en particulier certains cancers à progression rapide comme celui du foie qui consomment tellement d'énergie qu'ils brûlent tout l'oxygène disponible autour d'eux.

«Des efforts intenses en cours dans les laboratoires universitaires et les entreprises pharmaceutiques se concentrent maintenant sur le développement de médicaments capables d'interférer à différents stade d'une pathologie soit en activant ou en bloquant le mécanisme de captation de l'oxygène», selon le jury Nobel.

Kaelin travaille au Howard Hughes Medical Institute aux Etats-Unis, Semenza dirige le programme de recherche vasculaire au John Hopkins Institute de recherche sur l'ingénierie cellulaire. Ratcliffe est le directeur de la recherche clinique au Francis Crick Institute de London et du Target Discovery Institute d'Oxford.

Les lauréats recevront le 10 décembre une médaille en or, un diplôme et un chèque de 9 millions de couronnes suédoises (Un peu plus de 900'000 francs) qu'ils se partageront. En 2018, le prix de médecine était revenu à l'Américain James P. Allison et au Japonais Tasuku Honjo pour leurs recherches sur l'immunothérapie, qui se sont révélées particulièrement efficaces dans le traitement de cancers virulents.

Les derniers Français honorés dans cette discipline sont Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, en 2008, pour avoir identifié en 1983 le virus du sida.

Prix de physique mardi

La saison Nobel se poursuivra mardi avec la physique puis la chimie mercredi. Jeudi, l'Académie suédoise décernera deux prix de littérature, l'un pour 2018, l'autre pour 2019, après qu'un scandale d'agression sexuelle et des guerres intestines l'eurent contrainte de reporter l'attribution du prix l'an dernier, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le prestigieux Nobel de la paix sera décerné vendredi à Oslo. Les bookmakers ont pour favorite la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le dérèglement climatique, pour succéder au médecin congolais Denis Mukwege et à la Yézidie Nadia Murad, hérauts du combat contre les violences sexuelles dans les conflits armés.

Parmi les nobélisables sont aussi cités le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, artisan de la réconciliation avec l'Erythrée, et des ONG comme Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le prix d'économie, créé en 1968 à l'occasion du centenaire de la Banque de Suède, clora la saison lundi 14 octobre.

(ATS)

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