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EgypteLe nom du nouveau président devrait être connu dimanche

Les Egyptiens sont dans l’attente des résultats officiels de l’élection présidentielle, promis pour dimanche. La sécurité a été renforcée pour éviter tout débordement à l'annonce du résultat.

Les Egyptiens attendent les résultats de l'élection présidentielle du 17 juin.

Les Egyptiens attendent les résultats de l'élection présidentielle du 17 juin.

AFP

Les Egyptiens étaient dans l’attente des résultats officiels de l’élection présidentielle, promis pour dimanche. Des partisans des Frères musulmans occupaient toujours l’emblématique place Tahrir samedi, jurant de ne pas la quitter avant l’annonce de la victoire de leur candidat Mohamed Morsi.

Celle-ci est contestée par son rival Ahmed Chafiq, dernier Premier ministre du président déchu Hosni Moubarak qui a lui aussi affirmé avoir remporté le scrutin.

«Morsi, Morsi, Dieu est le plus grand», scandaient plusieurs milliers de manifestants samedi après-midi, au lendemain d’un grand rassemblement contre le pouvoir militaire ayant réuni des milliers de personnes sur la place Tahrir.

Coupant court aux annonces contradictoires, le secrétaire général de la commission électorale Hatem Bagato a déclaré samedi dans un communiqué que les résultats officiels de la présidentielle, achevée le 17 juin après deux tours, seraient proclamés dimanche.

Dispositif de sécurité renforcé

Pour prévenir tout débordement ou affrontement entre les deux camps rivaux après la proclamation des résultats, le ministère de l’Intérieur a annoncé un renforcement du dispositif de sécurité en coordination avec l’armée.

Les résultats étaient attendus initialement le 21 juin, mais la commission avait demandé plus de temps pour examiner les multiples recours présentés par les deux camps.

Depuis, les annonces contradictoires se sont succédé sur la date de la proclamation officielle des résultats, suscitant des doutes sur l’issue du scrutin. «Morsi va être déclaré vainqueur aujourd’hui. Sauf si...», écrit en Une le quotidien indépendant «Al-Shorouk». «Chafiq s’approche du palais présidentiel», titrait de son côté le quotidien libéral «Al- Wafd».

Des milliers de partisans de M. Chafiq ont également manifesté à Madinat Nasr, un quartier du Caire, criant «le peuple veut Ahmed Chafiq, président», ou «l’armée et le peuple main dans la main». Ils brandissaient ses portraits et ceux du maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) et chef d’Etat de fait depuis la chute du régime Moubarak en février 2011.

Déclarations hostiles

Les déclarations hostiles se sont multipliées entre les Frères musulmans, première force politique du pays, et les militaires. La puissante confrérie et l’armée se livrent depuis des décennies une lutte d’influence pour le contrôle, même informel, de la société égyptienne, sous contrôle des militaires depuis la chute de la monarchie en 1952.

Le CSFA a lancé vendredi un avertissement voilé aux Frères musulmans, affirmant qu’il agirait «avec la plus grande fermeté face à toute tentative de porter atteinte aux intérêts publics et privés».

La confrérie a répliqué qu’elle ne cherchait pas «la confrontation ou la violence», mais qu’elle se battrait contre toute falsification des résultats.

Elle a aussi réitéré ses critiques virulentes contre les dispositions constitutionnelles prises par l’armée et qui permettront à celle-ci de contrôler largement le pouvoir quel que soit le président élu.

A la suite de la dissolution sur décision de justice de la chambre des députés dominée par les islamistes, l’armée s’est en effet octroyée le pouvoir législatif et un droit de contrôle sur l’élaboration de la prochaine Constitution.

Mohamed Morsi et Ahmed Chafik ont réuni à eux deux moins de la moitié des suffrages au premier tour de la présidentielle. De nombreux Egyptiens, notamment les jeunes révolutionnaires et les libéraux, rejettent aussi bien les islamistes que les héritiers de l’ancien régime.

(ats)

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