Actualisé 06.11.2018 à 19:35

BâleLe nombre de cas d'intoxications au GHB explose

L'an dernier, l'hôpital universitaire de Bâle a testé quatre fois plus de femmes positives au GHB qu'en 2015 et 2016. Faire un lien avec des agressions sexuelles reste cependant difficile.

par
OFU
Dans son rapport, l'hôpital universitaire de Bâle pense que la majorité des patientes positives à la drogue du violeur ont subi une agression.

Dans son rapport, l'hôpital universitaire de Bâle pense que la majorité des patientes positives à la drogue du violeur ont subi une agression.

Keystone

Une évolution inquiétante a été révélée à l'hôpital universitaire de Bâle (USB). Depuis deux ans, le nombre de patientes testées positivement à la drogue du violeur a drastiquement augmenté, rapporte lundi bz Basel. L'an dernier, 21 cas ont été enregistrés contre 5 en 2015 et en 2016.

Ces chiffres paraissent d'autant plus étonnants que rien ne laisse supposer une hausse de la consommation volontaire de GHB. «En Suisse, ce produit ne figure pas parmi les stupéfiants les plus consommés», confirme Anne Tschudin, porte-parole du département bâlois de la santé. Dans son rapport, l'USB pense que la majorité des patientes positives à la drogue du violeur ont subi une agression. Mais ceci n'est qu'une supposition, difficilement prouvable.

Margit Becker, de l'aide aux victimes des deux Bâle, précise: «Lorsqu'on trouve des traces de GHB dans le sang, on peut le mettre en lien avec une agression sexuelle. Mais c'est souvent très difficile parce que la drogue est totalement éliminée du corps après 6 à 8 heures.»

Aucun souvenir

Les effets du GHB se manifestent en général très rapidement: étourdissements et nausées peuvent s'intensifier jusqu'à la perte de connaissance. En très peu de temps, les victimes perdent le contrôle de leur corps, sont manipulables et ne peuvent plus se défendre. Dès que les effets s'estompent, nombreux sont ceux qui souffrent d'un gros trou de mémoire.

Roland Bingisser, médecin-chef aux urgences de l'USB, confirme: «La plupart des patientes ne se souviennent de rien.» En cas de soupçons de viol, les médecins conseillent de porter plainte auprès de la police. Dr Bingisser note cependant qu'il est parfois difficile de savoir si les personnes ont réellement ingurgité du GHB contre leur gré. A petites doses, explique-t-il, cette substance provoque des sentiments positifs.

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