Accusations de viol: Le nouveau gouvernement français déjà dans l’embarras
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Gouvernement français«Je n’ai jamais violé une seule femme de ma vie»

Le gouvernement français est déjà dans l’embarras. Un ministre, Damien Abad, est accusé par deux femmes de viol en 2012 et 2011. Il réfute ces allégations.

Tout juste formé par le président Emmanuel Macron, le nouveau gouvernement français se retrouve empêtré dans une polémique, à trois semaines des élections législatives. Un ministre transfuge de l’opposition de droite est en effet accusé d’agressions sexuelles. Deux femmes affirment que le ministre Damien Abad, chargé des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, les a violées en 2010 et 2011, respectivement. L’intéressé nie les faits.

Abad, lui-même handicapé, était jusqu’à la semaine dernière le responsable des députés du parti Les Républicains, à l’Assemblée nationale, avant de démissionner et de faire son entrée au gouvernement. Deux plaintes ont déjà été classées, mais la justice dit analyser un nouveau signalement. «Je n’ai jamais violé une seule femme de ma vie», a-t-il déclaré lundi soir à la presse, disant «contester ces accusations d’agressions sexuelles avec une grande fermeté». Le ministre a encore écarté toute idée de démission. «Un homme innocent doit-il démissionner? Je ne crois pas.»

Interrogée à l’issue d’une réunion du gouvernement lundi matin, la nouvelle porte-parole, Olivia Grégoire, a rappelé la politique de «tolérance zéro» de Macron à cet égard. Le gouvernement se dit «aux côtés de celles qui, suite à une agression ou un harcèlement, ont l’immense courage de parler». Dans le même temps, Olivia Grégoire a estimé qu’il revient à la justice d’établir la «vérité» et «la justice est la seule à devoir et à pouvoir trancher». Elle a indiqué qu’«à sa connaissance, aucune autre procédure n’est en cours».

Damien Abad a quitté Les Républicains pour rejoindre le gouvernement.

Damien Abad a quitté Les Républicains pour rejoindre le gouvernement.

AFP

Cette affaire intervient quelques jours après le retrait de deux candidats aux élections législatives, dont un du parti présidentiel condamné pour violences envers son ex-compagne. Les accusations de violences et agressions sexuelles visant des personnalités politiques en France ont gagné en médiatisation ces dernières années. Des personnalités politiques de premier plan ont été contraintes de se retirer de la vie publique.

Lundi matin, plusieurs personnalités de l’opposition de gauche, dont le patron des socialistes Olivier Faure, ont réclamé la démission d’Abad, appelant à «respecter la parole des femmes». La nouvelle Première ministre, Élisabeth Borne, avait déclaré dimanche, n’avoir pas été au courant de ces allégations avant la lecture d’un article samedi du média en ligne Mediapart. Elle a promis de tirer «toutes les conséquences» en cas de «nouveaux éléments» et de saisine de la justice.

«Contexte inédit»

Lors du Conseil des ministres, le président Macron a appelé, lundi, le gouvernement à s’engager dans une «action nouvelle sur le fond et la forme», à «l’aune de défis nouveaux». «Le gouvernement que vous constituez est avant toute chose (…) un gouvernement pour agir» et «rassembler le pays», a lancé le chef de l’État, en préambule de cette réunion.

Le dirigeant a pointé «un contexte inédit» avec la crise du Covid-19, «dont nous sortons à peine si tant est qu’elle soit totalement terminée», la guerre en Ukraine et des «défis inédits» pour la société française. L’un des premiers textes qu’aura à examiner la prochaine Assemblée nationale concernera le pouvoir d’achat des Français, a confirmé la porte-parole, Olivia Grégoire, au moment où les prix s’envolent et la croissance économique stagne.

Victime ou témoin d’une agression sexuelle?

(AFP)

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