Environnement – Le nouveau gouvernement norvégien a plus d’ambitions climatiques
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EnvironnementLe nouveau gouvernement norvégien a plus d’ambitions climatiques

Le nouveau gouvernement norvégien entrera en fonction jeudi. Il a déjà annoncé vouloir réduire les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 à 55% – sans toucher au pétrole.

Le travailliste Jonas Gahr Støre sera à la tête du nouveau gouvernement.

Le travailliste Jonas Gahr Støre sera à la tête du nouveau gouvernement.

AFP

Le nouveau gouvernement de centre gauche norvégien, issu des élections de septembre, veut relever l’objectif national de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 à 55%, tout en préservant le secteur clé des hydrocarbures du pays. La Norvège est le plus gros exportateur d’hydrocarbures d’Europe de l’Ouest. L’objectif climatique national actuel consiste en une réduction des gaz à effet de serre comprise entre 50 et 55% par rapport aux émissions de 1990.

Dans sa plateforme politique présentée mercredi au terme de semaines de négociations, le nouveau gouvernement qui doit entrer en fonction jeudi sous la houlette du travailliste Jonas Gahr Støre vise donc le haut de la fourchette établie par son prédécesseur de centre droit. Il a aussi repris un projet de celui-ci visant à porter à 2000 couronnes (plus de 214 francs) par tonne la taxe carbone du pays, contre 591 couronnes actuellement.

Regroupant les travaillistes et le parti du Centre qui défend principalement les intérêts des territoires, la nouvelle équipe a parallèlement réaffirmé son attachement à l’industrie pétrolière du pays. «Le secteur pétro-gazier sera développé, pas démantelé», indiquent les deux partis dans leur feuille de route. «La politique climatique ne doit pas être moralisatrice et doit être juste», ajoutent-ils.

14% du PIB

L’essentiel des émissions générées par le pétrole et le gaz norvégiens se produisent lors de leur consommation hors de Norvège et ne sont donc pas incluses dans la comptabilité nationale. Le secteur pétrolier représente 14% du Produit intérieur brut du royaume, plus de 40% de ses exportations et 160’000 emplois directs.

La cheffe de WWF Norvège, Karoline Andaur, s’est félicitée du relèvement de l’objectif climatique et du renchérissement de la taxe carbone mais jugé la nouvelle plateforme «faiblarde en matière de mesures concrètes» et «horripilantes pour ce qui est de l’activité toujours élevée dans le pétrole et le gaz».

À l’inverse, le lobby pétrolier a salué le maintien des activités de prospection et d’exploitation. «Nous sommes satisfaits que le nouveau gouvernement maintienne les grandes lignes de la politique pétro-gazière», a dit Anniken Hauglie, directrice de Norsk Olje & Gass, dans un communiqué.

Nous sommes satisfaits que le nouveau gouvernement maintienne les grandes lignes de la politique pétro-gazière.

Anniken Hauglie, directrice de Norsk Olje & Gass

Avec son nouvel objectif climatique, la Norvège s’aligne sur celui de l’Union européenne dont elle n’est pas membre mais à laquelle elle est étroitement associée via son appartenance à l’Espace économique européen (EEE). Sur ce sujet précisément, le nouveau gouvernement a exprimé son attachement à l’EEE alors que le parti du Centre, eurosceptique, a longtemps voulu remettre l’accord en cause.

Le chef du parti du Centre, Trygve Slagsvold Vedum, s’est toutefois dit déterminé à batailler avec Bruxelles sur certains sujets comme la privatisation du rail. La nouvelle coalition étant minoritaire au Parlement avec 76 sièges sur 169, elle devra négocier chaque dossier avec d’autres formations pour obtenir une majorité.

(AFP)

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