16.02.2014 à 15:31

EgypteLe nouveau procès de Mohammed Morsi ajourné

Le procès intenté à l'ex-président égyptien Mohamed Morsi pour «espionnage» en vue de mener des «actions terroristes» a été ajourné après le retrait des avocats. Les défenseurs ont dénoncé la présence de parois insonorisées autour du box de l'accusé.

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Mohamed Morsi sera jugé le 16 février pour «espionnage». (21 janvier 2014)

Mohamed Morsi sera jugé le 16 février pour «espionnage». (21 janvier 2014)

Reuters
Le président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l'armée et actuellement jugé pour la mort de manifestants, comparaîtra aussi pour «espionnage» en vue de mener des «actions terroristes» impliquant des groupes jihadistes. (18 décembre 2013)

Le président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l'armée et actuellement jugé pour la mort de manifestants, comparaîtra aussi pour «espionnage» en vue de mener des «actions terroristes» impliquant des groupes jihadistes. (18 décembre 2013)

AFP
Les manifestants affrontent la police, au Caire. (25 janvier)

Les manifestants affrontent la police, au Caire. (25 janvier)

AFP

A l'ouverture de l'audience au Caire, le président déchu a évoqué une «farce». «Nous sommes dans une farce, et cela parce que vous avez peur de moi», a-t-il déclaré. M. Morsi n'a cessé de mettre en avant sa légitimité présidentielle lors de ses autres procès. Il est poursuivi dans trois autres affaires.

«Vous avez peur que le président parle», a-t-il ajouté, interpellant ses avocats: «Si cette farce continue, ne venez plus à la cour». «Nous nous retirons jusqu'à ce que la cour enlève ce box vitré», a expliqué Mohamed Selim al-Awa, membre de la défense de M. Morsi.

Le box en question est insonorisé afin d'empêcher M. Morsi et les autres accusés d'interrompre la procédure. La cour a alors ajourné le procès au 23 février pour permettre au syndicat des avocats de désigner de nouveaux avocats pour défendre M. Morsi.

Vingt accusés ont comparu dimanche, dont le Guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, et son adjoint, Khairat al-Chater. M. Morsi était installé dans un box distinct, avec l'un de ses anciens conseillers.

Passible de la peine de mort

Depuis la destitution et l'arrestation de M. Morsi début juillet 2013, le pouvoir mis en place par l'armée réprime ses partisans dans le sang. En sept mois, plus de 1400 personnes, des manifestants islamistes pour la plupart, ont été tuées, dont la moitié au cours de la seule journée du 14 août au Caire, selon Amnesty international.

De même, plusieurs milliers de Frères musulmans, confrérie désormais déclarée «organisation terroriste», ont été arrêtés, dont la quasi-totalité de ses dirigeants qui encourent la peine de mort dans diverses affaires. Des «procès politiques», dénoncent les Frères musulmans, mais aussi des organisations internationales de défense des droits de l'Homme.

Chaque fois ajourné

Dans le procès de dimanche, les accusés ont comparu pour «espionnage au profit de l'organisation internationale des Frères musulmans, de sa branche militaire et du Hamas», mouvement islamiste palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, frontalière de l'Egypte.

Certains sont directement accusés d'«actes terroristes» et d'avoir cherché à «semer le chaos (...) en s'alliant avec des groupes jihadistes».

Dans trois autres procès, M. Morsi et des responsables de son gouvernement ou des Frères musulmans sont accusés d'avoir incité au meurtre de manifestants lorsqu'ils étaient au pouvoir, de s'être évadés de prison en 2011 avec la complicité présumée du Hamas et du Hezbollah libanais, et d'outrage à magistrats. Les deux premiers procès ont débuté, mais les audiences sont à chaque fois ajournées au bout de quelques heures.

(ats)

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