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BDLe nouvel «Astérix»? Simplement fantastix

Le petit Gaulois et son copain légèrement enrobé se lancent dans une course de chars à travers toute l’Italie. Un 37e album qui se classe parmi les meilleurs de la série.

par
Michel Pralong
'Astérix et la Transitalique' est sorti ce jeudi 19 octobre 2017.

'Astérix et la Transitalique' est sorti ce jeudi 19 octobre 2017.

Twitter/Editions Albert René

Soyons clairs: personne ne remplacera le génie scénaristique de René Goscinny, même 40 ans après sa disparition. Ni la maîtrise graphique d’Albert Uderzo. Pourtant, le duo choisi pour reprendre les aventures d’Astérix l’a été judicieusement. Après un galop d’essai très honorable avec «Astérix chez les Pictes», le scénariste Jean-Yves Ferri et le dessinateur Didier Conrad montaient d’un cran avec «Le papyrus de César». Leur troisième album, «Astérix et la Transitalique», sorti ce jeudi, est encore meilleur.

L’idée de base de faire participer Astérix, Obélix et Idéfix à une course de char allant de Modicia (Monza) à Neapolis (Naples) est ingénieuse. Non seulement elle permet de découvrir une Italie qui n’est pas peuplée que de légionnaires romains, mais de plus c’est l’occasion tant pour le scénariste que le dessinateur de jouer avec les clichés de chaque région (les maisons sur l’eau de Venise, une tour qui penche devinez où et une Mona Lisa à la fenêtre dont le regard semble suivre nos deux héros). Cela rappelle dans l’esprit et la forme «Le tour de Gaule».

Il y a même des Helvètes

La compétition rassemblant tous les peuples de l’empire romain (on entraperçoit même un équipage helvète), les personnages savoureux sont légion et les jeux de mots liés à leurs origines nous replongent dans le fabuleux défilé des athlètes d’«Astérix aux jeux olympiques».

Cette aventure transitalique distille avec générosité mais sans en abuser des répliques qui pourraient bien devenir mémorables. Comme celle d’Obélix (particulièrement en forme dans cet album) qui dit, après avoir constaté qu’une borne routière avait été changée pour perdre les concurrents: «Je ne savais pas qu’on pouvait déplacer les bornes».

Si la course et l’Italie doivent ravir Uderzo, d’origine transalpine et grand collectionneur de Ferraris, ce 37e album est surtout un brillant hommage de Ferri et Conrad à leurs prédécesseurs, ainsi que la preuve qu’Astérix est désormais entre de bonnes mains. On applaudit d’ailleurs avec les deux.

La couverture du nouvel «Astérix» (Photo: Editions Albert René 2017)

La couverture du nouvel «Astérix» (Photo: Editions Albert René 2017)

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