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Canton de NeuchâtelLe palmier de la discorde entre au Grand Conseil

Le Grand Conseil refuse de s'en prendre au pourcent culturel, en pleine polémique liée à une oeuvre d'art installée à la prison de Gorgier.

par
Vincent Donzé

C'est un palmier en tôle qui secoue toute la République: faut-il dépenser 100 000 francs pour offrir une oeuvre d'art aux détenus du pénitencier de Bellevue, à Gorgier? Lors d'un vote consultatif, les élus locaux ont répondu «non», mais ce matin, les députés ont décidé par 57 voix contre 47 de ne pas remettre en cause le pourcent alloué à la culture lors de la construction ou de la rénovation d'un bâtiment public.

Après avoir rencontré la population de Gorgier, le ministre de la Culture Alain Ribaux était prêt à dépoussiérer le pourcent culturel, sans pour autant l'amputer: «Le Conseil d'Etat est prêt à mener une réflexion sur une disposition datant de 1978», a-t-il déclaré. Mais le Grand Conseil ne l'a pas suivi.

C'était moins l'expression d'une opposition au pourcent culturel attribué à un artiste lorsqu'un bâtiment cantonal est construit ou transformé, et davantage un mécontentement face à une fleur faite aux prisonniers. «Mon palmier s'adresse aussi au personnel...», nuançait l'artiste genevois Christian Gonzenbach.

Quand il sera placé à l'extérieur mais visible de la cour, le palmier métallique de 18 mètres sera assez éloigné du mur d'enceinte pour ne pas favoriser les évasions, même s'il symbolise la liberté. Sa vocation: devenir l'emblème de la prison.

Une pétition a été lancée contre le palmier, Visarte en a lancé une autre en faveur de pourcent culturel. Et hier, le député PLR Bernard Schumacher a tenté sans succès de faire modifier à la baisse l'arrêté concernant la décoration artistique des bâtiments publics: "Vous n'accrochez pas un nouveau tableau au salon quand vous peinez à nouer les deux bouts", a-t-il déclaré.

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