Voyage officiel: Le pape achève sa visite à Cuba
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Voyage officielLe pape achève sa visite à Cuba

Le souverain pontife a terminé son séjour de quatre jours à Cuba mardi. Il devait gagner les Etats-Unis dans la soirée.

Le pape François achevait mardi une visite de quatre jours à Cuba avant de partir pour les Etats-Unis. Ces deux pays viennent de renouer leurs relations diplomatiques, en partie grâce à la médiation du chef de l'Eglise catholique, après plus de cinquante ans d'hostilité.

Mardi matin, le pape argentin a célébré une messe au sanctuaire de la Vierge de la Charité d'El Cobre, le plus vénéré du pays. Il se situe au sud-est de l'île, au pied de la Sierra Maestra d'où les frères Castro lancèrent leur mouvement révolutionnaire à la fin des années 1950.

Evitant les sujets les plus ouvertement politiques, comme il l'a fait depuis son arrivée dans l'île communiste samedi, François a appelé les fidèles à mener «une révolution de la tendresse». Il a remercié les générations passées pour avoir su garder vivante la flamme du catholicisme à Cuba, «malgré les souffrances et les privations».

«Comme Marie, Mère de Charité, nous voulons être une Eglise qui avance pour construire des ponts, abattre des murs, semer les graines de la réconciliation», a dit le pape.

Lundi soir, François avait prié à El Cobre pour la réconciliation de tous les Cubains, dans l'île comme à l'étranger. Quelque deux millions de Cubains ont quitté l'île depuis la révolution de 1959 et 1,3 million vivent actuellement à l'étranger, la plupart aux Etats-Unis.

Admiration d'Obama

Après une dernière activité consacrée aux familles, le premier pape latino de l'Histoire devait quitter Cuba pour la base militaire Andrews, près de Washington. Il devait poser le pied sur sol américain pour la première fois de sa vie à 16h00 heure locale (minuit en Suisse).

Le président américain - anglican - et son épouse l'accueilleront à sa sortie de l'avion, en compagnie du vice-président Joe Biden. Barack Obama ne cache pas son admiration pour ce «pape des pauvres».

Le souverain pontife passera six jours dans le pays. Il s'adressera aux deux chambres du Congrès, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Il présidera dimanche une messe en plein air à Philadelphie, à laquelle pourraient assister 1,5 million de personnes, avant de regagner le Vatican lundi prochain.

Sujets explosifs

Outre sa rencontre avec le président Obama à la Maison Blanche mercredi, Jorge Bergoglio est particulièrement attendu jeudi devant le Congrès, et vendredi à la tribune des Nations unies, sur des thèmes hautement explosifs.

Parmi ces sujets, mentionnés dans ses écrits, figurent la protection et l'accueil des immigrés; la défense de l'environnement, avec un plaidoyer ferme pour une révolution énergétique radicale et la décroissance; la critique des dictatures de la technologie et de la finance; la dénonciation des responsabilités des vendeurs d'armes et des grandes puissances dans «la troisième guerre mondiale par morceaux» qu'il dénonce sans cesse.

Connu pour son habilité et sa détermination, le pape jésuite a préparé soigneusement pendant l'été les discours qu'il prononcera à Washington et New York. Et, s'il n'est pas anti-américain, selon la plupart des experts, il est critique d'un certain dévoiement de l'idéal américain de liberté par les ultralibéraux.

Inimitiés chez les conservateurs

Sa visite aura lieu sous très haute sécurité. La police américaine veut parer tout risque d'attentat contre un pape qui tient à se déplacer en voiture découverte pour être en contact avec les fidèles.

Plusieurs rencontres avec les défavorisés de la société américaine, immigrés, sans logis, détenus, sont également programmées. Il a aussi prévu de présider à New York une cérémonie interreligieuse sur le site du World Trade Center, contre le terrorisme et pour le respect entre religions.

Les médias américains ont accordé une grande importance au voyage d'un pape argentin, plébiscité par deux tiers des Américains. Mais son radicalisme social lui vaut aussi de très vives inimitiés chez les conservateurs et les milieux économiques libéraux, de Wall Street au Tea party, jusque dans les rangs des républicains.

(ats)

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