07.07.2015 à 14:51

EquateurLe pape appelle à mettre fin à l'exclusion et aux différences

Première messe en plein air lors de son voyage en Amérique latine, après une entrevue avec le président Rafael Correa.

1 / 11
La foule s'enthousiasme avant une messe à Guayaquil.

La foule s'enthousiasme avant une messe à Guayaquil.

Miguel Gomez, Reuters
Des pompiers arrosent la foule à Guayaquil.

Des pompiers arrosent la foule à Guayaquil.

Alessandro Bianchi, Reuters
Deux supportrices du pape prennent des selfies.

Deux supportrices du pape prennent des selfies.

Miguel Gomez, Reuters

Le pape François a rendu lundi hommage à la famille devant 800.000 fidèles lors de la première messe en plein air lors de son voyage en Amérique latine, et a appelé à mettre fin aux différences en Equateur après une entrevue privée avec le président Rafael Correa.

«La famille est l'hôpital le plus proche, la première école des enfants», a plaidé le souverain pontife face aux fidèles venus l'écouter dans le parc Los Samanes à Guayaquil, dans le sud-ouest du pays.

Deux heures d'homélie

«Combien de personnes âgées se sentent écartées de la fête», «combien de femmes seules», a déclaré François, 78 ans, premier pape jésuite et latino-américain de l'Histoire, dans son homélie qui a duré près de deux heures.

Les organisateurs espéraient la venue d'un million et demi d'Equatoriens, Péruviens et Colombiens, mais la chaleur, la température a atteint les 32 degrés, et l'humidité ont pu en décourager certains.

Se protégeant la tête avec des chapeaux, des parapluies ou des foulards, le public écoutait avec ferveur lundi le pape argentin, arrivé dimanche dans cette Amérique latine qui l'a vu naître et qui compte la majorité des 1,2 milliard de catholiques de la planète.

Soleil de plomb

«Cela ne me dérange pas, le soleil, car je sais que c'est l'opportunité que me donne Dieu de le voir», racontait à l'AFP Irma Guaita, 49 ans, s'abritant tant bien que mal sous un bout de carton.

«Vraiment, il ressemble à Jésus. Je veux le voir car en le voyant, je vais voir Jésus», disait aussi Rosa Elena Lata qui, malgré ses 82 ans, n'a pas hésité à faire un voyage de 16 heures, depuis le sud du pays, pour réaliser «le miracle céleste» d'apercevoir le pape.

Après avoir placé dès son arrivée son périple de huit jours, qui le mènera aussi en Bolivie et au Paraguay, sous le signe de l'aide aux plus pauvres, «envers lesquels l'Amérique latine a une dette», le pape François a célébré lundi le socle familial.

«Demander pardon»

«Au sein de la famille, personne n'est mis à l'écart», a-t-il plaidé, car on y apprend à «dominer l'agressivité et la voracité», à «demander pardon quand on fait du mal».

«La famille constitue la +grande richesse sociale+ que d'autres institutions ne peuvent remplacer, qui doit être aidée et soutenue», a-t-il affirmé, insistant sur la «dette sociale envers l'institution familiale».

Une parole qui fait sens pour Olimpia Herrera, une institutrice de 62 ans. Elle juge les mots du pape «nécessaires», alors que «beaucoup de foyers sont désintégrés».

Crise de la famille

La crise de la famille sera un des thèmes débattu en octobre au Vatican, à l'occasion du Synode des évêques qui se penchera sur les changements de société comme les familles monoparentales, le mariage homosexuel et les divorces.

Après la cérémonie à Guayaquil François a retrouvé lundi après-midi au collège jésuite Javier une vieille connaissance: le prêtre Francisco Cortés, dit padre Paquito.

Les deux hommes s'étaient vus pour la dernière fois il y a trente ans à Buenos Aires, et le pape lui avait fait savoir qu'il souhaitait le revoir.

Un ceviche de crevettes

«Ce fut une rencontre émouvante, très familière», a déclaré le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican. Le pape a mangé avec d'autres religieux un ceviche de crevettes, une soupe de poulet, et a pris des selfies avec les personnes présentes.

De retour à Quito, le pape s'est entretenu pendant une demi-heure en privé avec le président équatorien Rafael Correa? qui se présente comme un «catholique humaniste de gauche» et qui est la cible depuis un mois des manifestations d'opposants à sa politique à tendance socialiste.

Aucun information n'a été donnée sur les thèmes qui ont été abordés au cours de cette réunion.

A l'issue de son entrevue avec M. Correa, le chef de l'Eglise catholique a renouvelé son appel à mettre fin aux différences et aux exclusions en Équateur.

Visite de la cathédrale

«Je ferai une bénédiction (...) pour ce grand et noble peuple équatorien; pour qu'il n'y ait pas de différences (...), pour qu'il n'y ait aucun exclu. Que tout le monde soit frère, que tout le monde soit inclus et que personne ne soit mis à l'écart de cette grande nation », a dit le souverain pontife, après une visite de la cathédrale, dans le cœur historique de la capitale.

Le pape tiendra mardi une deuxième messe en plein air, à laquelle doit assister le président Correa, dans le parc Bicentenario de Quito.

(AFP)

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!