30.05.2012 à 15:21

VaticanLe pape évoque pour la première fois l'affaire des fuites

Benoît XVI a renouvelé sa confiance à ses collaborateurs et jugé que les «hypothèses» parues dans la presse italienne à la suite du scandale des fuites «donnent une image du Vatican qui ne correspond pas à sa réalité».

le pape a renouvelé mercredi sa confiance à ses proches collaborateurs.

le pape a renouvelé mercredi sa confiance à ses proches collaborateurs.

Reuters

Parlant à l’issue de l’audience générale sur la place Saint-Pierre, le pape a évoqué pour la première fois l’affaire qui a conduit mercredi dernier à l’arrestation de son majordome Paolo Gabriele, impliqué dans ces fuites.

"Des hypothèses tout à fait gratuites se sont multipliées, amplifiées par certains médias, et sont allées bien au delà des faits, donnant une image du Saint-Siège qui ne correspond pas à la réalité", a-t-il dit d’une voix ferme.

"Je désire renouveler ma confiance et mon encouragement à mes plus proches collaborateurs qui m’aident quotidiennement avec fidélité, esprit de sacrifice dans le silence, à remplir mon ministère", a-t-il ajouté.

Tristesse

Ces événements, a-t-il confié, "ont provoqué en mon coeur de la tristesse", mais "l’Eglise est guidée par l"Esprit Saint" et "le Seigneur ne la privera jamais de son aide pour la soutenir sur son chemin", a-t-il assuré.

Selon le père Federico Lombardi, porte-parole du Saint-Siège, "le pape a manifesté trois choses dans ce message: il a montré une attitude de fermeté, de confiance et d’espérance. Il a rejeté une image faussée, excessivement négative, de la situation. Et il a donné ses encouragements à ses collaborateurs qui se sentent injustement mis en cause".

Lors d’une conférence de presse, le père Lombardi a souligné que le Saint-Siège s’insurge "contre l’idée que ces fuites constituent une opération entreprise avec un objectif de purification" interne, et qu’il s’agisse "de luttes ou d’un complot" internes au Vatican.

Pas de pression pour une démission

Le porte-parole a encore récusé que la pression s’accroisse dans l’Eglise pour demander une démission du pape: "Ceux qui en Italie le disent sont ceux qui le disaient avant. Cette vision ne correspond pas à la position de l’Eglise et de la Curie romaine".

"Précisément, c’est le moment de montrer l’appréciation de l’Eglise pour le Saint-Père et ce qu’il fait pour sa cohérence", a-t-il ajouté, en notant que "même ceux qui se sont exprimés avec agressivité sur l’Eglise ne mettent pas Benoît XVI en cause, car sa supériorité spirituelle et morale est évidente".

Le scandale baptisé "Vatileaks", qui a vu depuis janvier des centaines de documents confidentiels transmis à la presse italienne, a créé une crise profonde, et le père Lombardi a confirmé qu’arrivaient des nonciatures (ambassades) des demandes inquiètes sur ce qui se passe réellement.

Paolo Gabriele, qui reste le seul fonctionnaire du Vatican arrêté, a eu mercredi matin un long entretien avec ses avocats. Le père Lombardi a récusé tous les chiffres publiés dans les médias sur les taupes, après que la presse italienne eut été jusqu’à parler d’une vingtaine de personnes, dont des cardinaux.

La gendarmerie vaticane, a-t-il mis au point par ailleurs, n’a pas procédé à des écoutes, même si elle pourrait être en mesure d’en décider si nécessaire.

(AFP)

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