Visite du pape en Irak: Le pape François tient son premier discours à Bagdad
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Visite du pape en IrakLe pape François tient son premier discours à Bagdad

Après son arrivée en Irak, ce vendredi, le souverain pontife a évoqué les «barbaries» de l’Etat islamique contre la minorité yazidie et appelle à lutter contre la corruption dans le pays.

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Le pape François veut amener un message de paix en Irak, lors d’une visite de trois jours qui débute aujourd’hui.

Le pape François veut amener un message de paix en Irak, lors d’une visite de trois jours qui débute aujourd’hui.

AFP
L’avion du pape François a décollé vendredi matin de l’aéroport Fiumicino à Rome.

L’avion du pape François a décollé vendredi matin de l’aéroport Fiumicino à Rome.

AFP
Le pape François a décollé ce vendredi matin de Rome pour une visite en Irak.

Le pape François a décollé ce vendredi matin de Rome pour une visite en Irak.

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Le pape François a dénoncé vendredi, à Bagdad, les «barbaries insensées» du groupe Etat islamique (EI) en 2014 contre la minorité yazidie, dont des milliers de femmes ont été réduites à l’esclavage sexuel.

«Je ne peux pas ne pas rappeler les Yazidis, victimes innocentes de barbaries insensées et inhumaines, persécutés en raison de leur appartenance religieuse dont l’identité même et la survie ont été menacées», a-t-il dit dans un discours aux autorités irakiennes.

«Assez de violences, d’extrémismes, d’intolérances»

«Que se taisent les armes! Que la diffusion en soit limitée, ici et partout!", a également lancé le pape François en Irak, pays déchiré depuis 40 ans par la violence, dont le dernier épisode est la percée du groupe Etat islamique, défait en 2017.

«Que cessent les intérêts partisans, ces intérêts extérieurs qui se désintéressent de la population locale. Assez de violences, d’extrémismes, de factions, d’intolérances!", a martelé le premier souverain pontife de l’histoire à se rendre en Irak, pays miné par les factions armées et où les différends confessionnels ont mené à la guerre civile.

Le pape François a également appelé l’Irak à «lutter contre la plaie de la corruption, les abus de pouvoir et l’illégalité» au début de sa visite historique dans le pays, l’un des plus corrompus au monde. «Il faut en même temps édifier la justice, faire grandir l’honnêteté, la transparence et renforcer les institutions», a ajouté le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde, qui avait plaidé en faveur des manifestants irakiens lors d’une révolte, dénonçant notamment la corruption, fin 2019, réprimée dans le sang.

Le pape François a plaidé devant les autorités irakiennes pour que «personne ne soit considéré comme citoyen de deuxième classe» dans un pays musulman où les chrétiens ne sont plus que 1% des 40 millions d’habitants. «Il est indispensable d’assurer la participation de tous les groupes politiques, sociaux et religieux, et de garantir les droits fondamentaux de tous les citoyens», a-t-il dit.

Visite de trois jours en Irak

L’avion du pape François a décollé ce vendredi matin, de l’aéroport de Fiumicino, à Rome. Le souverain pontife se rend en Irak pour une visite de trois jours.

Au cours d’un programme chargé aux quatre coins du pays, le pape argentin de 84 ans pourra exprimer son soutien à une communauté chrétienne éprouvée par la guerre et les exactions, mais aussi s’entretenir en tête-à-tête avec le plus haut dignitaire chiite du pays.

Le pape François sera notamment accueilli samedi par une grande figure religieuse irakienne. Le grand ayatollah Ali Sistani qui représente la plus haute autorité de nombreux chiites d’Irak et du monde, a en trois décennies radicalement redéfini son rôle jusqu’à devenir une boussole religieuse et politique, parfois en plein chaos.

Samedi, ce nonagénaire qui n’apparaît jamais en public et fait lire ses prêches par des représentants, accueillera le pape François à Najaf, ville sainte du sud de l’Irak. Un événement interreligieux majeur alors que l’aura de ce dignitaire chiite ne se dément pas: depuis l’invasion américaine de 2003, même invisible, il a envoyé des millions d’Irakiens dans les rues, aux urnes, voire au combat.

«Si, partout dans le monde, de nombreuses personnes se détournent de la religion, Sistani a toujours conservé la même autorité morale», affirme Marsin AlShamary, chercheuse au Brookings Institute. Dans l’Irak d’après Saddam Hussein, sous l’occupation américaine et après son départ, il s’est fait respecter des chiites mais aussi des sunnites et des Kurdes. Le grand ayatollah a par ailleurs toujours appelé les chiites à respecter les minorités, et à protéger les chrétiens et leurs églises.

Dimanche dans le Nord

Dimanche, le pape François est attendu A Qaraqosh, localité chrétienne au cœur de la plaine de Ninive dans le nord de l’Irak, une ville durement touchée par l’Etat islamique. Là même où ces hommes ont semé terreur et mort, le pape viendra en «pèlerin de paix» pour «implorer du Seigneur, pardon et réconciliation», selon les mots d’un message adressé aux Irakiens et plus particulièrement aux chrétiens de Qaraqosh avant sa visite.

Dans cette ville, les habitants s’affairent à décorer les quartiers aux couleurs du Vatican et de l’Irak. L’habitante Karjiya Baqtar coud par exemple au fil d’or les paroles en araméen du Notre Père et du Je vous salue Marie le long d’une étole pourpre. Tout doit être parfait, car bientôt cette écharpe sera au cou du pape François en personne.

Karjiya Baqtar prépare minutieusement son cadeau pour le pape François.

Karjiya Baqtar prépare minutieusement son cadeau pour le pape François.

AFP

Sur le tissu, elle a cousu trois croix, des répliques de celles que les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont méthodiquement détruites lorsqu’ils sont entrés en juin 2014, à bord de pick-ups surmontés de leur drapeau noir à Qaraqosh.

(AFP)

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