Sport et religion: Le pape parle de sport et de Maradona
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Sport et religionLe pape parle de sport et de Maradona

Le souverain pontife, toujours intéressé par les enjeux sportifs et extra-sportifs, s’est exprimé sur la place que tient cette passion dans sa vie et dans sa foi.

Le Saint-Père avait reçu un brassard de capitaine en 2019, lors d’un tournoi de football organisé entre clercs.

Le Saint-Père avait reçu un brassard de capitaine en 2019, lors d’un tournoi de football organisé entre clercs.

AFP

L’amour du sport et la foi peuvent parfois se confondre dans certaines situations. Ce que le pape François doit bien connaître, lui qui est originaire d’Argentine, où le football semble être capable de faire concurrence à l’église. Malgré cela, le souverain pontife apprécie le sport et reste toujours alerte à son actualité.

Il s’est livré, dans une interview exclusive à La Gazzetta dello Sport, sur cet intérêt, un peu inattendu. Il y évoque des thèmes comme la loyauté, le sacrifice, l’inclusion, l’esprit d’équipe, l’ascétisme ou encore la rédemption. Des thèmes qu’il est toujours possible de connecter avec la religion catholique et la théologie.

Un vrai amateur de football

Comme beaucoup d’argentins, le premier contact avec le football a été un élément formateur pour le jeune homme. «Je me souviens très bien et avec plaisir quand, enfant, ma famille est allée au stade, El Gasómetro (ndlr: le stade de l’équipe San Lorenzo à Buenos Aires). Je me rappelle en particulier du championnat 1946, celui que mon San Lorenzo a remporté. Je me souviens de ces jours passés à regarder les footballeurs jouer et de notre bonheur quand nous rentrions chez nous: la joie, le bonheur sur le visage, l’adrénaline dans le sang».

Sur le terrain, il était poète, un grand champion qui a fait la joie de millions de personnes, en Argentine comme à Naples. C’était aussi un homme très fragile»

Le pape François, en évoquant son compatriote Diego Armando Maradona.

Il faut aussi souligner qu’à l’époque où le pape François écumait les terrains de football, le matériel était coûteux et incomparable: «J’ai un autre souvenir, celui de la balle de chiffons, la pelota de trapo: le cuir coûtait cher et nous étions pauvres, le caoutchouc n’était pas encore si courant, mais une boule de chiffons suffisait pour nous amuser et presque faire des miracles en jouant sur la petite place près de chez moi».

Des réalités encore d’actualité aujourd’hui, dans des régions où un ballon de football est rare et rapidement usé jusqu’à la corde.

Impossible de ne pas évoquer le décès de Diego Maradona dans cet entretien effectué début décembre. Le souverain pontife ne cache pas son plaisir au moment de se souvenir de cette légende: «J’ai rencontré Diego Maradona lors d’un match pour la paix en 2014: je me souviens avec plaisir de tout ce que Diego a fait pour Scholas Occurrentes, une Fondation qui s’occupe des nécessiteux du monde entier. Sur le terrain, il était poète, un grand champion qui a fait la joie de millions de personnes, en Argentine comme à Naples. C’était aussi un homme très fragile» analyse le Saint-Père.

Le sport, une sorte de foi qui aide à améliorer la réalité?

L’activité sportive est souvent synonyme d’idéal, de progression, de but. Cet aspect en fait quelque chose de central dans le développement de chacun pour le pape. «S’entraîner signifie donc prendre soin du talent, essayer de le faire mûrir au maximum de ses possibilités. Je me souviens de ceux qui couraient le 100 mètres aux Jeux olympiques: pour ces quelques secondes, il y a des années et des années d’entraînement, sans être sous la lumière des projecteurs. De temps en temps, je lis l’histoire d’un grand champion qui est le premier arrivé à l’entraînement et le dernier à partir: c’est le témoignage que la volonté est plus forte que l’habileté. Ici le sport va de pair avec la vie: la beauté, quelle que soit sa déclinaison, est toujours le fruit d’une flamme à faire brûler jour après jour».

«Priez pour moi, s’il vous plaît: pour que je ne cesse pas de m’entraîner avec Dieu!»

Pape François, en évoquant l’année 2021.

Le monde du sport est selon le Saint-Père, aussi un moyen de transformer la réalité. «Quand, pendant un voyage apostolique, j’étais à Yad Vashem (ndlr: Institut international pour la mémoire de la Shoah) à Jérusalem, je me souviens qu’on m’a parlé de Gino Bartali. C’est un cycliste légendaire qui, recruté par le cardinal Elia Dalla Costa, avec l’excuse de s’entraîner à vélo, a quitté Florence pour Assise et est revenu avec des dizaines de faux documents cachés dans le cadre de la bicyclette. Ceux-ci servaient à aider les juifs à s’échapper. Il pédalait chaque jour des centaines de kilomètres en sachant que, s’il était arrêté, ce serait sa fin. Ce faisant, il offrait une nouvelle vie à des familles entières persécutées des nazis, en cachant certains d’entre eux jusque chez lui. On dit qu’il a aidé environ huit cents juifs, avec leurs familles, à se sauver pendant la barbarie dont ils ont été victimes. Le bien est fait et non dit, sinon à quoi sert-il? Yad Vashem le considère comme «Juste parmi les Nations», reconnaissant son engagement. Voici l’histoire d’un sportif qui a quitté le monde un peu mieux que comment il l’a trouvé».

(Sport-Center)

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15 commentaires
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Esprit féminin

02.01.2021, 14:30

Le pape est un excellent danseur 🕺 tango. Il a dit dans une interview. Un homme comme un autre

Adidas IIb

02.01.2021, 14:16

Normal que le Pape aime Maradona, il marquait des buts avec la “main de Dieu” Amén 🙏

Napoléon IV

02.01.2021, 13:57

Il paraît qu'il fut un très bon footballeur...