Abus sexuels - Le pape refuse la démission de l’archevêque de Munich
Publié

Abus sexuels Le pape refuse la démission de l’archevêque de Munich

«Continue comme tu le proposes, mais comme archevêque de Munich»: le pape François rejette la démission du cardinal allemand Reinhard Marx.

Le cardinal allemand Reinhard Marx.

Le cardinal allemand Reinhard Marx.

AFP

Le pape François a rejeté la démission du cardinal allemand Reinhard Marx de son poste d’archevêque de Munich, dans une lettre publiée jeudi où il le remercie «pour son courage» face à la crise des abus sexuels. «Continue comme tu le proposes, mais comme archevêque de Munich», écrit le pape au cardinal allemand, qui avait annoncé vendredi avoir demandé à être déchargé de ses fonctions en raison de l’«échec» de l’Eglise catholique allemande face à «la catastrophe des abus sexuels».

«Cher frère, merci pour ton courage. C’est un courage chrétien qui n’a pas peur d’être humilié face à la terrible réalité du péché», commente le pape dans cette lettre publiée en allemand et en espagnol. «Assumer la crise, personnellement et communautairement, est la seule voie fructueuse», ajoute François. Pour lui, toute «l’Eglise est en crise à cause de l’affaire des abus» et «la politique de l’autruche ne mène nulle part».

«Partager la responsabilité»

L’archevêque de Munich, ancien président de la conférence épiscopale allemande, avait adressé une demande de démission au pape le 21 mai. «Pour moi, il s’agit essentiellement de partager la responsabilité de la catastrophe des abus sexuels commis par des responsables de l’Église au cours des dernières décennies», avait-il écrit au pape, en dénonçant un «échec institutionnel ou systémique» dans le vaste scandale qui éclabousse aussi l’Eglise catholique allemande.

Cette demande de démission de Reinhard Marx était intervenue alors que le pape François avait ordonné fin mai une enquête sur le traitement de cas d’agressions sexuelles de mineurs au diocèse de Cologne, le plus grand d’Allemagne, secoué par une grave crise depuis des mois.

Le pape a ainsi nommé deux «visiteurs apostoliques», des envoyés pontificaux extraordinaires, chargés d’«appréhender la situation pastorale complexe à l’archevêché et parallèlement d’étudier d’éventuelles fautes» du cardinal Rainer-Maria Woelki et d’autres prélats du diocèse. Le cardinal Woelki, un conservateur dans les rangs de l’Eglise, est accusé notamment d’avoir longtemps couvert deux prêtres de la communauté religieuse de Dusseldorf soupçonnés de violences sexuelles.

(AFP)

Votre opinion