Berne: Le Parlement accorde sa confiance à Alain Berset
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BerneLe Parlement accorde sa confiance à Alain Berset

Après les violentes attaques dont il a fait l’objet, le Conseil national l’a soutenu lundi soir, en refusant les propositions les plus drastiques venant de la droite.

par
Eric Felley
Après des semaines délicates pour le ministre de la Santé, une bonne majorité des parlementaires lui font toujours confiance.

Après des semaines délicates pour le ministre de la Santé, une bonne majorité des parlementaires lui font toujours confiance.

AFP

Depuis les mesures prises en début d’année, le ministre de la Santé, Alain Berset, a été la cible de nombreuses attaques de la part de l’UDC et du PLR pour sa gestion de la pandémie. Les propositions de la Commission de l’économie et des redevances, débattues lundi soir, représentaient la mise forme de ses reproches dans la loi Covid-19. Ils se sont focalisés sur la réouverture des établissements publics le 22 mars, comme l’avait demandé aussi une petite majorité des cantons dans la dernière consultation.

Après avoir accepté une déclaration dans ce sens la semaine dernière, les parlementaires n’ont pas voulu la mettre dans la loi, avec une majorité claire de 122 voix à 70. Cela vaut comme un vote de confiance pour le Conseil fédéral qui demeure aux commandes. Le Parlement a toutefois réussi à glisser dans la loi une formule disant: «Le Conseil fédéral veille à ce que la vie économique et sociale soit restreinte le moins possible et le moins longtemps possible.» Il doit exploiter toutes les voies possibles – plans de protection, dépistage, vaccination, traçage – avant de prendre des mesures restrictives.

Sur ce point, Alain Berset est venu dire au Parlement que le chemin était pris: «En février, il y a eu un changement de stratégie. Pour la première fois dans cette pandémie, nous commençons à nous ouvrir, à un moment où les chiffres ne baissent plus et où la situation est encore fragile». Pour lui, ce changement est possible grâce aux progrès de la vaccination et des tests à large échelle: «Tout cela arrive, a-t-il ajouté, et nous pensons que cela se passera bien au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Dans le même temps, cependant, nous devons également être prudents.»

Nous avons l’impression que nous pouvons faire d’autres pas

Alain Berset, conseiller fédéral

À ceux qui exigent des dates et des certitudes, il répond: «Il est plus important d’être flexible et modeste, car ce sont des évolutions que nous ne connaissons pas très bien. Mais pour le moment, la situation n’a l’air pas trop mal et nous avons donc l’impression que nous pouvons faire d’autres pas». On devrait connaître lesquels ce vendredi 12 mars, date à laquelle le Conseil fédéral a prévu de faire des annonces.

Au plénum, c’est Magdalena Martullo-Blocher (UDC/GR) qui est venue étayer ses accusations contre Alain Berset et le Conseil fédéral où régnerait une «dictature». Pour elle, il s’agit d’un gouvernement où «une minorité dispose de la majorité» et où se prennent des décisions arbitraires nuisibles aux libertés de commerce et d’association. «Le Conseil fédéral décide de qui a le droit de s’asseoir à quel endroit…» a-t-elle dénoncé. Mais ses propos ont fait l’objet d’une écoute polie sous la Coupole fédérale et n’ont guère porté au-delà de son propre camp.

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