Grèce: Le parlement adopte un deuxième train de réformes
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GrèceLe parlement adopte un deuxième train de réformes

Les députés grecs ont adopté à une très large majorité le deuxième train de réformes réclamé par les créanciers d'Athènes en échange de négociations sur un nouveau plan d'aide.

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L'Espagne, l'Autriche et l'Estonie ont donné leur feu vert mardi au troisième plan d'aide financière en faveur de la Grèce. Les députés allemands du Bundestag doivent se prononcer mercredi. (Mardi 18 août 2015)

L'Espagne, l'Autriche et l'Estonie ont donné leur feu vert mardi au troisième plan d'aide financière en faveur de la Grèce. Les députés allemands du Bundestag doivent se prononcer mercredi. (Mardi 18 août 2015)

AFP
De nouvelles exigences des créanciers ont été votées au parlement grec. (Jeudi 23 juillet 2015)

De nouvelles exigences des créanciers ont été votées au parlement grec. (Jeudi 23 juillet 2015)

Keystone
Le premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé un remaniement gouvernemental suite à la fronde liée au vote du Parlement sur les réformes exigées par ses créanciers. (Vendredi 17 juillet 2015)

Le premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé un remaniement gouvernemental suite à la fronde liée au vote du Parlement sur les réformes exigées par ses créanciers. (Vendredi 17 juillet 2015)

Keystone

Le premier ministre grec Alexis Tsipras, sans retisser l'unité de sa majorité, a fait adopter dans la nuit de mercredi à jeudi un second volet de mesures exigées par les créanciers qui vont ainsi pouvoir finaliser avec Athènes un troisième plan d'aide financière.

Les députés grecs ont en effet adopté à une très large majorité le deuxième train de réformes. Les discussions entre Athènes et les créanciers devraient s'ouvrir vendredi.

Selon le décompte final, 230 des 298 députés présents ont voté pour l'adoption d'une réforme de la justice civile et la transposition d'une directive européenne sur les banques, 63 ont voté contre, et 5 se sont abstenus.

Un calcul non définitif établit à 31 le nombre de députés ayant voté non dans les rangs de Syriza, le parti de gauche radicale du Premier ministre Alexis Tsipras, contre 32 la semaine dernière, auxquels s'étaient ajoutées 6 abstentions et une absence.

Un plan à 86 milliards d'euros

Après ce vote positif, les négociations sur le troisième plan d'aide vont s'ouvrir entre la Grèce et les «institutions» créancières (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international). Ce plan pourrait s'élever à 86 milliards d'euros.

Des représentants des créanciers sont attendus vendredi à Athènes pour rencontrer des membres du gouvernement. L'objectif de la Grèce est de boucler les négociations d'ici au 20 août, date d'une importante échéance de remboursement à la BCE (3,4 milliards d'euros).

Résidences pas saisies

Mercredi, le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, avait exhorté les députés à voter les réformes pour éviter un nouveau contretemps. «Il est extrêmement important de boucler cette procédure des actions préalables afin que nous puissions entamer les négociations vendredi», avait-il insisté.

Juste avant le vote intervenu jeudi vers 04h00 (03h00 suisses), M. Tsipras a de son côté tenu à rassurer les élus sur le fait que le durcissement de la législation sur les saisies immobilières ne concernerait pas les résidences principales des propriétaires surendettés. «Il n'y aura pas de saisie de résidence principale», a assuré le Premier ministre grec dans un discours devant le parlement.

Pratique antidémocratique

Le deuxième train de réformes transpose dans la loi grecque des dispositions européennes sur le sauvetage des banques. Il s'agit de préserver le contribuable du risque d'avoir à renflouer les établissements de crédit en difficulté, et de réforme le système judiciaire pour en accélérer le cours et en réduire le coût.

Comme il y a une semaine lors du vote du premier ensemble d'«actions préalables», dont la hausse de la TVA et une réforme des retraites, exigées par les créancier aux termes d'un accord conclu à Bruxelles le 13 juillet, la Plate-forme de gauche, l'aile la plus radicale de Syriza, a exprimé son désaccord.

«Un débat parlementaire et un vote à la va-vite pour un texte qui dépasse les 900 pages, ça a vraiment le goût des pratiques les plus antidémocratiques», ont dénoncé les «frondeurs» dans un communiqué publié sur leur site internet Iskra.gr.

Cette fronde a déjà obligé M. Tsipras à remanier son gouvernement ce week-end. Sa coalition, qui regroupe Syriza (149 élus) et le parti de droite nationaliste Anel (13 élus), dispose d'une majorité théorique de 162 sièges sur les 300 que compte la Vouli, mais le Premier ministre a vu son soutien tomber la semaine dernière à 123 voix.

Élections pas exclues

Dans son discours devant le parlement, M. Tsipras a répété qu'il avait dû faire des choix difficiles. Il a rappelé que son gouvernement se concentrerait dans les prochains jours sur les réformes politiques, la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale.

«Nous pourrions aller vers des élections, si c'est nécessaire», a déclaré mercredi la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovasili. Elle a cependant estimé que cela ne serait pas judicieux en ce moment, «alors que nous essayons de faire en sorte de revenir à une situation normale».

Pour la presse grecque, un congrès de Syriza devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Des élections anticipées sont selon elle à prévoir dès la rentrée de septembre.

(AFP)

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