Berne – Le Parlement approuve le mémorial pour les victimes du nazisme

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BerneLe Parlement approuve le mémorial pour les victimes du nazisme

Après les États, la semaine dernière, le National a lui aussi donné tacitement jeudi, son feu vert à un lieu de commémoration officiel des victimes du national-socialisme.

par
Christine Talos
Le mémorial de l’Holocauste à Berlin. 

Le mémorial de l’Holocauste à Berlin. 

AFP

Les victimes du nazisme auront un mémorial en Suisse. Le Conseil national a tacitement adopté jeudi, une motion du PS du Conseil des États. La semaine dernière, les sénateurs avaient eux aussi adopté une motion UDC similaire.

«Il n’a jamais été aussi important qu’aujourd’hui de parler de l’Holocauste, des atrocités du national-socialisme, des millions de Juifs assassinés à une époque où l’Holocauste est minimisé, voire de plus en plus nié; à une époque où une guerre est ouverte sous prétexte qu’un pays – gouverné par un président juif - doit être «dénazifié», a expliqué Judith Bellaiche (PVL/ZH) pour la commission en évoquant le conflit en Ukraine.

Durant la crise sanitaire du Covid, «plusieurs comparaisons odieuses ont été faites entre les mesures sanitaires et l’étoile jaune, les dictatures ou des mesures prises pendant la Seconde Guerre mondiale», a rappelé Damien Cottier (PLR/NE), au nom de la commission aussi. «Cela montre l’importance de continuer de discuter de l’Holocauste, de ses causes, de son fonctionnement et que chacun comprenne les différences qu’il y a avec une situation comme celle que nous avons vécue ces dernières années, afin qu’on ne puisse pas abuser impunément de propos qui n’ont aucun rapport», a-t-il insisté. «C’est un devoir de mémoire essentiel.»

Axé sur la jeunesse

La commission souhaite qu’il ne s’agisse pas d’une plaque apposée à un bâtiment, mais un lieu vivant, un lieu d’échange, de transmission du savoir et de dialogue, a encore rappelé le Neuchâtelois. Il doit aussi être axé sur la jeunesse «afin qu’elle sache ce qu’est la Shoah».

«Un tel lieu est aujourd’hui plus que jamais nécessaire», a abondé le président de la Confédération, Ignazio Cassis. «Nous le faisons pour les survivants et les défunts, mais avant tout pour nous-mêmes. Ce n’est qu’en comprenant comment une telle chose a pu se produire, et comment une telle chose peut à nouveau se produire aujourd’hui, que nous pourrons - peut-être - empêcher de telles atrocités à l’avenir», a-t-il dit en ajoutant. «Je n’aurais pas prononcé le mot "peut-être" il y a deux mois».

La Fédération suisse des communautés israélites a salué jeudi, cette décision. «La FSCI se réjouit de cette importante avancée historique», écrit-elle dans un communiqué. Il existe près d’une soixantaine de lieux qui rappellent la Shoah en Suisse, explique-t-elle. Mais il manquait un lieu national pour commémorer les victimes, souligne-t-elle. Et de rappeler qu’en mai dernier, un concept issu de 150 signataires et 50 organisations civiles avait été transmis au Conseil fédéral pour un tel mémorial.

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