Climat: Le Parlement européen entérine l'accord de la COP21
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ClimatLe Parlement européen entérine l'accord de la COP21

La décision va ouvrir la voie à l'entrée en vigueur du texte de lutte contre le réchauffement de la planète.

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Quelque 200 pays, dont la Suisse, se retrouvent lundi à Bonn pour avancer vers la mise en oeuvre de l'accord de Paris. (Dimanche 29 avril 2018)

Quelque 200 pays, dont la Suisse, se retrouvent lundi à Bonn pour avancer vers la mise en oeuvre de l'accord de Paris. (Dimanche 29 avril 2018)

AFP
Selon le secrétaire général de l'ONU, grâce aux efforts des villes et des Etats, les USA sont en bonne voie d'honorer les objectifs de la COP21. (Jeudi 29 mars 2018)

Selon le secrétaire général de l'ONU, grâce aux efforts des villes et des Etats, les USA sont en bonne voie d'honorer les objectifs de la COP21. (Jeudi 29 mars 2018)

Keystone
«Nous sommes heureux du succès de notre réunion» et de la réaffirmation que «l'accord de Paris est irréversible et non négociable», a déclaré la ministre canadienne du changement climatique, malgré le volte-face de Washington, samedi.

«Nous sommes heureux du succès de notre réunion» et de la réaffirmation que «l'accord de Paris est irréversible et non négociable», a déclaré la ministre canadienne du changement climatique, malgré le volte-face de Washington, samedi.

AFP

Le Parlement européen a approuvé mardi l'accord de Paris sur le climat, lui permettant ainsi de franchir le seuil nécessaire à son entrée en vigueur. Les députés réunis à Strasbourg l'ont adopté par 610 voix contre 38 et 31 abstentions.

Cette procédure éclair ouvre la voie à une entrée en vigueur imminente de ce nouveau cadre mondial pour la lutte contre le réchauffement. Après les Etats-Unis, la Chine et l'Inde, principaux pollueurs de la planète, l'UE va désormais pouvoir notifier sa ratification à l'ONU dans les prochains jours, en même temps que les pays européens ayant finalisé leurs ratifications au niveau national.

Ce dépôt conjoint devrait déclencher l'entrée en vigueur un mois plus tard de l'accord de Paris, visant à contenir le réchauffement sous le seuil de 2°Celsius par rapport au niveau pré-industriel.

«Opportunité pour faire l'histoire»

«Vous avez maintenant une opportunité de faire l'histoire en aidant à mener le monde vers un meilleur futur», a exhorté mardi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, dans un discours prononcé devant les eurodéputés, juste avant le vote et quelques heures après sa visite d'adieu à la Suisse qui a eu lieu mardi matin à Berne.

«C'est un moment historique fort», a salué pour sa part la ministre française de l'environnement, Ségolène Royal, indiquant que «les sept pays européens qui ont ratifié (Allemagne, Autriche, France, Hongrie, Slovaquie, Malte, Portugal) vont se déplacer vendredi matin à New-York pour déposer les instruments de ratification».

Eloge de Juncker

Pour devenir applicable, l'accord de Paris doit être ratifié par des pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Le total des ratifications déposées, de près de 52% à ce jour, franchirait ce seuil avec les sept pays de l'Union européenne.

Une autre condition de l'entrée en vigueur de l'accord de Paris, sa ratification par au moins 55 pays, est elle déjà remplie.

«L'Europe démontre qu'elle est capable de grandes choses lorsqu'elle sait conjuguer ses énergies et ses forces», a estimé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. «Nous avons la chance d'assister à un mouvement que l'Histoire retiendra», a-t-il lancé.

En attendant Marrakech

En temps normal, pour ce type d'accords internationaux, l'UE et ses 28 Etats membres doivent déposer simultanément leurs ratifications au terme de procédures parfois longues. Mais ils sont parvenus, non sans mal, à un accord politique pour utiliser une procédure inédite, autorisant l'UE et ses membres déjà prêts à se lancer sans attendre.

Après le vote de mardi, une décision formelle du Conseil de l'UE devait encore boucler la procédure européenne, une étape purement formelle. Tout sera alors prêt pour que l'UE dépose ses «instruments de ratification» auprès de l'ONU avant la date butoir du 7 octobre (vendredi) qu'elle s'était fixée, soit un mois avant l'ouverture de la COP22 à Marrakech.

Jusqu'au dernier moment, des inquiétudes demeuraient au sein de certains Etats comme la Pologne, qui réclamait des garanties sur la manière dont les pays de l'UE devront se répartir l'effort collectif européen de réduction des émissions polluantes afin d'appliquer l'accord de Paris une fois en vigueur. D'autres pays ont insisté pour qu'il soit précisé que cette procédure de ratification accélérée ne créerait pas un précédent pour d'autres accords.

Berne prend les devants

En Suisse, le Conseil fédéral a déjà présenté début septembre un paquet de mesures pour mieux protéger le climat. Berne a fixé l'objectif de réduire d'ici 2030 les émissions de gaz à effet de serre de moitié par rapport à 1990. La part de la réduction réalisée au niveau national devrait atteindre au minimum 60%, jusqu'à 40% pouvant être réalisés à l'étranger.

Une révision de la loi sur le CO2 est cependant nécessaire pour répondre aux engagements pris par Berne dans l'accord de Paris. Le Parlement est appelé à approuver ce traité d'ici l'été prochain afin que la Suisse participe à la première conférence agendée à l'automne.

(AFP)

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