Politique: Le Parlement jurassien opposé au droit de vote à 16 ans

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PolitiqueLe Parlement jurassien opposé au droit de vote à 16 ans

Mercredi, les députés jurassiens ont refusé l’abaissement du droit de vote de leurs citoyens. En Suisse, Glaris fait figure d’exception.

Les moins de 18 ans ne pourront pas voter dans le Jura.

Les moins de 18 ans ne pourront pas voter dans le Jura.

Keystone

Les Jurassiens ne se prononceront pas, du moins dans l’immédiat, sur le droit de vote à 16 ans. Le Parlement jurassien a rejeté mercredi par 32 voix contre 24 une initiative parlementaire du PCSI en faveur de l’abaissement du droit de vote en matière communale et cantonale. Le Gouvernement avait pourtant apporté son soutien à ce projet.

La droite du Parlement a fait bloc contre ce projet d’élargissement des droits politiques. PDC, PLR et UDC estiment qu’il ne faut pas dissocier l’âge du droit de vote de la majorité pénale et civile. Ils doutent également que la jeunesse se mobilise pour se rendre aux urnes. En 2007, le Parlement avait déjà rejeté une motion allant dans le même sens.

Glaris, cette exception

L’initiative parlementaire du groupe chrétien-social indépendant (PCSI) stipulait que tout homme et toute femme possédant la citoyenneté suisse, âgés de seize ans au moins et domiciliés dans le canton, étaient électeurs en matière cantonale. À ce jour, seul le canton de Glaris connaît le droit de vote à 16 ans.

Pour les représentants des partis de gauche, il faut au contraire intégrer les plus jeunes à la vie politique. Ils soulignent que la jeunesse désire donner son avis sur la chose politique, comme en témoignent les manifestations en faveur du climat ou lors de la grève des femmes.

En février, les citoyens du canton de Neuchâtel avaient refusé par 58,5% des votants d’abaisser la majorité civique, ce qui aurait représenté une première en Suisse romande. Des discussions sont en cours dans les cantons de Vaud, Valais, Genève et Zurich.

Mieux protéger les victimes

Le Parlement jurassien veut mieux protéger les victimes de violences conjugales. Il a adopté mercredi sans opposition une motion UDC en faveur de la création d’une loi d’organisation de la lutte contre la violence domestique. Ce texte doit prévoir la possibilité d’imposer le port du bracelet électronique aux personnes violentes expulsées du domicile commun.

Pour l’auteur de la motion, la députée Brigitte Favre, le Jura doit rattraper son retard par rapport à d’autres cantons dans la lutte contre la violence conjugale et le harcèlement au sein du couple. Plusieurs cantons comme Genève, Vaud, Neuchâtel et le Valais disposent déjà d’une loi sur les violences domestiques.

«Le nombre de femmes qui subissent des violences conjugales ou qui sont victimes de harcèlement ne cesse d’augmenter et on estime que les chiffres réels ne sont pas vraiment connus», estime la députée UDC. Le Gouvernement recommandait l’adoption de cette motion.

(ATS/NXP)

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