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FinancesLe Parlement portugais vote un nouveau budget de rigueur

Le projet de budget prévoit des coupes sévères dans les salaires et les retraites des fonctionnaires. Les syndicats appellent à manifester.

Le Parlement portugais s'apprête à voter un projet de budget pour 2014.

Le Parlement portugais s'apprête à voter un projet de budget pour 2014.

Keystone

Des milliers de manifestants anti-austérité étaient attendus vendredi matin devant le Parlement portugais, qui s'apprêtait à voter un projet de budget pour 2014 censé permettre au pays de conclure son plan d'aide internationale.

Forts de leur majorité confortable, les députés de la coalition gouvernementale de centre droit étaient assurés de pouvoir adopter le texte en première lecture à l'issue d'un débat entamé la veille, qui devait reprendre à 10H00 GMT.

A la même heure, les manifestants convoqués par la CGTP, la principale confédération syndicale portugaise, devaient commencer à se rassembler en face de l'Assemblée pour protester contre un budget qui, selon la centrale, «détruit l'emploi, vole les salaires et les pensions, coupe dans la santé, la protection sociale et l'enseignement». «Je ne cache pas que c'est un budget difficile. Tous les membres du gouvernement sont conscients des sacrifices demandés aux Portugais», avait dit la veille le Premier ministre Pedro Passos Coelho.

Mais, d'après lui, ces nouveaux sacrifices sont justifiés car ils sont la «clé» qui permettra au Portugal de conclure en juin 2014, comme prévu, le programme de rigueur et de réformes négocié avec l'Union européenne et le FMI en mai 2011, en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros. Pour éviter l'humiliation d'un nouveau plan de sauvetage, Lisbonne doit reconquérir la confiance des investisseurs internationaux afin de financer sa lourde dette sur les marchés.

Promettant coûte que coûte de garder le cap de la rigueur, le gouvernement s'est engagé auprès de ses bailleurs de fonds, représentés par la troïka UE-BCE-FMI, à ramener le déficit public à 4% du PIB l'an prochain, contre 5,5% en 2013. Le projet de budget, dont la version finale sera votée le 26 novembre, prévoit des économies et des recettes supplémentaires de 3,9 milliards d'euros, soit 2,3% du PIB. Le document est marqué surtout par des coupes sévères dans les salaires et les retraites des fonctionnaires.

Mobilisation en cours

Les principaux syndicats de fonctionnaires ont réagi en lançant un appel à la grève pour vendredi prochain. Après la grève des salariés du métro de Lisbonne jeudi, la contestation se poursuivra dans les prochains jours avec une série d'arrêts de travail dans le secteur des transports.Le malaise a gagné aussi les forces de l'ordre, et les syndicats des différents corps de police ont convoqué une manifestation conjointe le 21 novembre à Lisbonne.

Des dizaines de milliers de personnes avaient déjà défilé le 19 octobre dans la capitale et à Porto, la grande ville du nord du pays, toujours à l'appel de la CGTP, centrale syndicale proche du Parti communiste. Des milliers de protestataires étaient descendus dans les rues de Lisbonne et Porto samedi dernier, cette fois à l'initiative du mouvement citoyen «Que la troïka aille se faire voire».

La mobilisation était toutefois en nette baisse par rapport aux manifestations monstres organisées en septembre 2012 puis en mars dernier par ce même groupe de militants, issu de la mouvance des Indignés.

Solution à la crise?

A l'intérieur du Parlement aussi, le gouvernement était accusé d'aggraver les difficultés des Portugais en appliquant la recette imposée par les créanciers.

«Personne ne croit que ce budget sortira le Portugal de la crise. Ce n'est pas un budget de l'Etat, c'est un plan de coupes pour appauvrir le pays», a lancé Antonio José Seguro, le secrétaire général du Parti socialiste qui, comme l'an dernier, s'apprêtait à voter contre le budget aux côtés de la gauche anti-libérale.

L'ensemble de l'opposition a déjà annoncé son intention de soumettre la loi de Finances au crible de la Cour constitutionnelle, qui a obligé cette année le gouvernement à remplacer plusieurs mesures jugées non conformes à la loi fondamentale.

(AFP)

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