23.09.2015 à 20:27

Protection des eauxLe Parlement soutient les intérêts des paysans

Les cantons doivent avoir la possibilité de tenir compte des spécificités locales et des intérêts de l'agriculture en délimitant les espaces réservés à la protection des eaux.

L'agriculture est privée de surfaces d'assolement précieuses que les cantons peinent à compenser, a indiqué Jacques Bourgeois.

L'agriculture est privée de surfaces d'assolement précieuses que les cantons peinent à compenser, a indiqué Jacques Bourgeois.

Keystone

Le National a transmis mercredi par 96 voix contre 68 une motion du Conseil des Etats en ce sens. Les Chambres fédérales exigent une modification de l'ordonnance sur la protection des eaux afin d'offrir aux cantons la plus grande marge de manoeuvre possible. Selon elles, les paysans ne peuvent souvent pas exploiter intensivement des terres agricoles, pourtant excellentes.

La Chambre du peuple veut même aller plus loin que les sénateurs et le Conseil fédéral. Elle a donné suite à neuf initiatives cantonales (SZ, SG, LU, SH, UR, NW, GR, AG, ZG) encore plus explicites en matière de soutien aux intérêts agricoles. Le Conseil des Etats devra à nouveau se prononcer sur ce point.

D'après le Conseil national, ces textes soulignent clairement les difficultés auxquelles sont confrontés les cantons dans la délimitation des espaces réservés aux eaux. L'agriculture se voit ainsi privée de surfaces d'assolement précieuses que les cantons peinent à compenser et qu'aucune indemnisation ne pourra jamais remplacer, a souligné Jacques Bourgeois (PLR/FR) au nom de la commission.

Une minorité a contesté cette vision. Il n'est pas question de revenir sur le délicat compromis qui a permis le retrait de l'initiative populaire «Eaux vivantes» issue des milieux de pêcheurs, a déclaré Adèle Thorens (Verts/VD). Ce contre-projet indirect prévoit que les cours d'eau et les rives des lacs retrouvent un état plus naturel. En plus du problème de renaturation des cours d'eau, elle répond au souci de la protection face aux crues, a-t-elle rappelé en vain.

Ces objectifs continueront d'être maintenus. Il s'agit simplement d'adaptations permettant de trouver des solutions adéquates qui tiennent compte des spécificités et besoins des cantons, a rétorqué avec succès la ministre de l'environnement Doris Leuthard.

(ats)

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